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Pour une histoire globale des réseaux de pouvoir

Mélanges en l’honneur d’Hubert Bonin, Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Institut d’études politiques de Bordeaux

Edited By Bertrand Blancheton, François Charles Mougel and Françoise Taliano-des Garets

Peut-on penser le pouvoir sans l'associer à des réseaux ? Comment analyser autrement le développement de l'économie de marché, de l'entreprise à la mondialisation, et expliquer différemment le rôle de la finance dans l'émergence du capitalisme moderne? Comment interpréter la nature du pouvoir dans l'éducation et la culture sans parler des réseaux qui les irriguent au même titre que ceux qui façonnent la politique, de l'échelon local à celui de la société internationale ? C'est à ces questions qu'une équipe d'historiens, d'économistes et de politistes tente d’apporter une réponse dans une approche disciplinaire traversant les époques, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, et associant les réalités françaises aux problématiques européennes, impériales et transnationales. Partant d'une définition commune de la notion de réseaux à la fois comme articulation entre des structures et comme lien entre des personnes, la vingtaine d'études ici rassemblées explore le rôle de ces mécanismes au cœur de multiples zones de pouvoir : la banque, l'entreprise, le commerce international, la culture, l'Etat ou la domination coloniale. Chaque contributeur l'a fait de manière distincte, soit au travers d'études de cas soit par le biais de synthèses plus larges. Mais, derrière cette diversité d'analyse, il existe une exigence méthodologique collective qui donne toute sa pertinence et toute sa cohérence à cet ouvrage : partir des faits concrets pour aboutir à une réflexion thématique globale. Au bout du compte, il en ressort la confirmation du postulat initial de ce livre : l'interpénétration du pouvoir et des réseaux. Une intégration dont les formes ont évolué dans la durée et qui a réussi à se pérenniser, portée qu'elle est par les modes de représentation spécifiques aux sociétés occidentales.

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Les dirigeants des grandes banques françaises au XXe siècle, entre carrières maison et inspecteurs des Finances (Hervé Joly)

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Les dirigeants des grandes banques françaises au XXe siècle, entre carrières maison et inspecteurs des Finances

Hervé JOLY

Qui sont les patrons des grandes banques françaises au XXe siècle ? Le secteur n’échappe pas, on le sait, à cette particularité nationale que constitue la prédominance des anciens hauts fonctionnaires, issus en général des grands corps de l’État, parmi les titulaires des plus hautes fonctions dirigeantes. Il dispose même d’un corps privilégié à son service, l’inspection des Finances1. Le phénomène est bien antérieur aux nationalisations de 1946. Si le Crédit lyonnais ou la Banque nationale de crédit et d’industrie y échappent alors, la Société générale a un premier inspecteur à sa direction dès 1913, et le Comptoir national d’escompte de Paris en 1921. À la Société générale du crédit industriel et commercial (CIC) nationalisée en 1982 seulement, c’est même le cas dès 1885.

Mais qui sont les autres dirigeants ? On connaît, grâce à des biographies, quelques grandes figures d’autodidactes comme Louis Dorizon (Société générale)2 ou Maurice Schlogel (Crédit lyonnais)3, ou celle de Horace Finaly (Paribas)4 – héritier d’une grande lignée de financiers juifs d’origine austro-hongroise –, qui ont fait toute leur carrière dans le même établissement, mais sont-ils représentatifs ? Quelles sont les filières de formation dominantes ? Sont-ils...

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