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L'homosexualité dans la vie et l'œuvre de Marcel Proust, une « sale tante » au grand cœur

Luc Legrand

Marcel Proust était écrivain et homosexuel à une époque où la réprobation officielle était plus forte qu’aujourd’hui. Il savait donc qu’en s’affichant, il pouvait compromettre sa réputation mondaine mais aussi l’espérance d’être publié, d’autant plus qu’il avait placé, au centre de son œuvre, le « vice honteux ».

Pour ne pas compromettre son statut social et son métier d’écrivain, il lui fallait donc une parade, en l’occurrence se déguiser en hétérosexuel, mais en un hétérosexuel spécialiste de l’inversion. Son œuvre serait alors une étude devant beaucoup à sa propre vie. Le héros Marcel est certes un hétérosexuel irréprochable mais il est confronté à l’homosexualité de son ami Charlus et de sa maîtresse bisexuelle Albertine.

La présente recherche nous conduit dans le labyrinthe des vérités et contrevérités des aléas de la condition homosexuelle dans la vie de Marcel Proust mais aussi dans son œuvre monumentale. La première partie est une biographie, fondée sur la recherche de l’homosexualité dans la vie de Proust. La deuxième est consacrée aux passages traitant d’homosexualité dans l’œuvre, principalement À la recherche du temps perdu. Cette « anthologie » met en évidence le fait qu’au centre de la grande œuvre court un véritable « roman » de l’homosexualité. La troisième partie est consacrée à la mise en parallèle des deux premières, elle nous propose analyses et conclusions.

Laissant une large place à la citation, ce travail se situe au confluent de l’histoire de la littérature et de l’histoire de l’homosexualité ; tout en répondant aux exigences scientifiques, il s’adresse aussi au grand public, tant proustien que « gay ».

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Esquisses, notes et variantes relatives à "À l’ombre des jeunes filles en fleurs"

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Esquisses, notes et variantes relatives à À l’ombre des jeunes filles en fleurs1

Esquisses à À l’ombre des jeunes filles en fleurs (RTP I)

Dans l’esquisse JF XI de 1909 (1013), Gilberte, seule avec le héros derrière un massif de lauriers des Champs-Élysées, annonce son départ en Bretagne :

« Il va falloir revenir. Alors c’est convenu, vous ne serez pas triste ? » Elle me prit la main et l’embrassa. Je la regardai une seconde et sentis en moi comme un pouvoir héréditaire et nouveau, inconnu pour moi et dont une sorte d’avènement venait de m’investir. Je collai ma bouche sur sa joue qu’elle ne retira pas, même elle cherchait de son côté à m’embrasser.

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