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Critique d’art et nationalisme

Regards français sur l’art européen au XIXe siècle

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Edited By Thierry Laugée and Carole Rabiller

En histoire de l’art, la critique est l’un des miroirs identitaires d’une nation, la résultante d’un héritage façonné par les codes sociaux et culturels d’un pays. Elle repose sur des conventions qui lui sont propres et admises, consciemment ou non, par ses auteurs et son public. Les textes de critique d’art français informent par conséquent tout autant sur la culture de l’observateur que sur celle de l’observé.

Ce volume réunit douze études du discours français sur l’art des pays voisins dans un contexte de rivalités ou de compétitions internationales. Par l’analyse de commentaires de salons, de comptes rendus d’expositions ou encore d’ouvrages d’histoire de l’art du XIXe siècle, les contributions interrogent la part de chauvinisme, de protectionnisme ou de géopolitique inhérente aux transferts culturels européens. Que ce soit à travers les notions d’école artistique ou de nation, la critique d’art française est devenue un important vecteur de diffusion des stéréotypes nationaux et des conflits ou alliances au sein de l’Europe. Dès lors, le point de vue du critique sur l’œuvre d’un artiste est un matériau de premier choix pour comprendre les dynamiques identitaires. La réunion de ces études vise ainsi à révéler les dimensions anthropologiques et politiques de la critique d’art française du XIXe siècle permettant d’appréhender le discours sur l’art comme une participation à la conscience collective de la spécificité d’une nation.

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Artistes étrangers et écoles nationales. Dialectiques européennes dans la critique de Salon sous le Second Empire (Laurent Cazes)

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Artistes étrangers et écoles nationales

Dialectiques européennes dans la critique de Salon sous le Second Empire

Laurent CAZES

La période du Second Empire fut marquée en France, et plus largement en Europe, par une forte internationalisation des expositions et des carrières artistiques. L’un des événements majeurs de cette évolution fut l’apparition des expositions universelles, à Londres en 1851 puis à Paris en 18551. En privilégiant le domaine des beaux-arts, la première Exposition universelle française révéla la richesse d’un art contemporain étranger auquel nombre de critiques furent physiquement confrontés pour la première fois. De plus, l’accrochage des œuvres par sections nationales favorisa le développement d’un discours sur l’art dans lequel le critère de la nationalité des artistes allait devenir de plus en plus déterminant2. L’histoire du Salon participe de ce mouvement d’internationalisation mais sur un autre mode3 : depuis son origine, l’institution admettait en effet la participation d’exposants étrangers ; ainsi, sous l’Ancien Régime, l’Académie royale de peinture et de sculpture accueillait déjà des membres d’académies étrangères dans ses expositions, et cette tradition se poursuivit tout au long du XIXe siècle. Il semble pourtant que la participation étrangère ne fut véritablement prise en compte par l’administration qu’à partir du Second Empire, lorsque le comte de Nieuwerkerke chargea Philippe de Chennevières de l’organisation du Salon. Dès 1852, les lieux de naissance...

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