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Marguerite Duras à la croisée des arts

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Edited By Michelle Royer and Lauren Upadhyay

Cet ouvrage réunit un ensemble de textes sur l’œuvre de Marguerite Duras et ses relations avec les arts : cinéma, théâtre, sculpture, musique et peinture. Il aborde les problématiques liées à l’intermédialité de l’œuvre et met en lumière ses entrelacs avec les arts majeurs et mineurs, ainsi que son influence sur les vidéastes, metteurs en scène et écrivains des xxe et xxie siècles.

Inspiré par le colloque « Marguerite Duras et les arts », organisé à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de l’auteur à l’Université de Sydney (Australie), du 29 juin au 1er juillet 2016, il expose notamment le rôle majeur qu’ont joué les arts comme source d’inspiration d’une œuvre qui se nourrit du dialogue entre les pratiques artistiques. La première partie du livre soulève la question du statut des entretiens menés par Duras avec les artistes de son temps : font-ils partie de son œuvre littéraire, forment-ils un véritable discours sur la vérité de l’art ? Elle est suivie d’une réflexion sur l’art figural (pictural et filmique) et interroge la façon dont l’œuvre agit avec et sur les sens du lecteur/spectateur. La troisième section, elle, porte sur le sensible à l’œuvre dans l’imaginaire pictural, sculptural et musical de Duras. La quatrième partie du livre traite des arts du spectacle en tant qu’axe cardinal auquel le travail de Duras se confronte sans relâche. La dernière partie veille à prendre la mesure de l’influence de Duras sur des productions artistiques récentes. Le livre se clôt sur un entretien avec l’artiste Thu Van Tran, co-commissaire de l’exposition Duras song, Portrait d’une écriture (Centre Georges Pompidou, 2014), qui réfléchit l’œuvre au prisme de l’art contemporain et souligne la pertinence de l’entreprise durassienne pour les sociétés du xxie siècle.

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L’écriture comme déliage : entretien de Michelle Royer avec l’artiste Thu Van Tran

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Q : Pourriez-vous nous expliquer ce qui a provoqué votre désir de travailler à partir des textes de Duras ?

TVT : Je travaille depuis plusieurs années à une forme de traduction des textes de Marguerite Duras dans le champ des arts visuels. Je suis artiste, je parle ici à la première personne.

« L’écriture est le facteur absolu de transformation », dira Marguerite Duras. Cette façon de considérer l’acte créatif aura construit mon parcours. Toute transformation annonce pour moi un geste potentiellement créatif et donc une possible expérience esthétique à vivre. Puisqu’il y a transformation, il y a processus artistique. C’est la manière d’être de Duras face au médium qui tout d’abord m’a inspirée.

J’ai lu, à 23 ans, Un barrage contre le Pacifique. J’ai été saisie par la manière dont Duras transfigure son histoire personnelle et à travers cela une histoire collective : celle de l’occupation française en Indochine. Sans doute l’acte d’écrire commence motivée par l’injustice que subit sa mère, volée par les autorités coloniales françaises, mais très vite cet acte, écrire, l’emmène ailleurs. Le déliage se serait produit. Ce n’est plus la vengeance qui demeure le but de cette écriture dès lors que le roman parvient à naître. On pourrait même dire que les affects et les aliénations passées se transforment (voir se transcendent) en une expérience esthétique que...

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