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« Fol » et « Folie » en ancien français

Étude sémantique et stylistique

Charles Brucker

Dans cet ouvrage, la richesse du champ sémantique de fol et de folie est abordée et analysée dans sa globalité et dans ses dimensions rhétoriques et stylistiques ; elle est, par ailleurs, éclairée par des examens statistiques. L’objectif principal de cette recherche est donc d’étudier l’évolution des emplois des termes qui relèvent du champ conceptuel de la folie en mettant en évidence le jeu des concurrences qui se font jour dans ce réseau lexical, mais aussi de montrer comment les termes ont pu être diversement intégrés dans les structures syntagmatiques et dans les habitudes rhétoriques et stylistiques. La naissance et le développement de la littérature courtoise enrichissent considérablement l’aire sémantique de fol en raison d’un nouveau jeu d’oppositions lexicales, qui fait son apparition au milieu du XIIe siècle : des termes tels que preu/cortois et vilain/coart entrent en contact avec fol. Le passage de l’ancien au moyen français s’accompagne d’une réflexion profonde sur la langue même et le renouvellement de la vision du monde suscite une nouvelle manière de s’exprimer.

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Introduction

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« […] le discours du fou est le lieu privilégié pour l’étude des limites du discours et en particulier du discours littéraire »1. C’est sans doute la raison pour laquelle fol/folie, même en dehors du discours et du comportement du fou, se coulent dans le moule de contextes de type divers et presque infini.

De fait, le bel ouvrage de Jean-Marie Fritz, qui est d’une richesse peu commune, privilégie résolument l’aspect sociologique du thème de la folie dans les œuvres françaises ou latines des XIIe et XIIIe siècles. Il étudie, dans des situations sociologiques d’une très grande diversité, la représentation de la folie, et non pas le vocabulaire de la folie, ni ses emplois, ni le champ sémantique de la folie, qui sera l’objet de notre étude. Il prend en compte, souvent de la manière la plus fine, le discours théologique, par exemple, et nous montre comment la folie de la Croix est sagesse de Dieu.

Il n’empêche que le vocabulaire est là et nous interpelle, et nous ne pouvons ne pas nous demander dans quel registre l’auteur inscrit l’emploi de fol ou de folie. C’est la raison pour laquelle, tout en saluant les brillantes analyses de Jean-Marie Fritz2, qui relèvent à la fois de l’anthropologie, de la théologie et de la médecine3, vues à travers des textes littéraires et non littéraires, nous croyons indispensable, dans le cadre...

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