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« Fol » et « Folie » en ancien français

Étude sémantique et stylistique

Charles Brucker

Dans cet ouvrage, la richesse du champ sémantique de fol et de folie est abordée et analysée dans sa globalité et dans ses dimensions rhétoriques et stylistiques ; elle est, par ailleurs, éclairée par des examens statistiques. L’objectif principal de cette recherche est donc d’étudier l’évolution des emplois des termes qui relèvent du champ conceptuel de la folie en mettant en évidence le jeu des concurrences qui se font jour dans ce réseau lexical, mais aussi de montrer comment les termes ont pu être diversement intégrés dans les structures syntagmatiques et dans les habitudes rhétoriques et stylistiques. La naissance et le développement de la littérature courtoise enrichissent considérablement l’aire sémantique de fol en raison d’un nouveau jeu d’oppositions lexicales, qui fait son apparition au milieu du XIIe siècle : des termes tels que preu/cortois et vilain/coart entrent en contact avec fol. Le passage de l’ancien au moyen français s’accompagne d’une réflexion profonde sur la langue même et le renouvellement de la vision du monde suscite une nouvelle manière de s’exprimer.

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I. La fréquence

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I. La fréquence

A. La fréquence de fol/folie au début du XIIIe siècle

Dans le genre épique, on constate une baisse extrêmement sensible des emplois de fol et de folie ; c’est ainsi que la partie d’Aspremont que nous avons systématiquement dépouillée1 ne connaît qu’un emploi de fol et trois emplois de folor, alors que folie est absent de cette chanson. En revanche, Huon de Bordeaux connaît encore 16 emplois de fol.

Dans le genre lyrique2 (Gace Brulé3, Châtelain de Couci, Conon de Béthune4, Blondel de Nesles5, Colin Muset6), les emplois de fol et de folie (ce dernier concurrencé par folor) sont bien représentés dans la mesure où ces termes sont fortement attachés à la thématique de l’amour courtois. Chez le Châtelain de Couci, les occurrences de fol (2) et de folage (3) se situent exclusivement dans le champ de la « stupidité ».

Dans le Lai de l’ombre de Jean Renart7 (vers 1221), une sorte de nouvelle courtoise, on compte 5 emplois de fol/fox et 2 emplois de folie, tous affectés d’une valeur intellectuelle.←189 | 190→

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