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Documents diplomatiques français

1972 – Tome II (1er juillet – 31 décembre)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Outre les échos ou réactions suscités par l’affaire du Watergate, l’attentat aux Jeux olympiques de Munich, la signature du « traité fondamental » entre les deux Allemagne, la France est directement concernée par différents dossiers. Ce sont les protestations contre les essais atomiques, les rapports avec l’Afrique subsaharienne, sa politique asiatique, enfin et surtout le rôle qu’elle entend jouer dans une Europe élargie.

Aux Nations unies, le débat qui s’ouvre en novembre met la France en difficulté puisque le projet de résolution affirmant l’urgence à mettre fin aux essais nucléaires recueille 105 voix contre 4. C’est un vrai revers pour la diplomatie française.

On est en pleine transformation des rapports avec les anciennes colonies françaises, qui avaient été établis à la suite des indépendances de 1960. Le Congo-Brazza, le Niger, la Mauritanie sont les premiers à réclamer une révision des accords de coopération. Bientôt, tous s’y mettent, même le Gabon et la Côte d’Ivoire. La France ne s’y refuse pas, mais Georges Pompidou répète comme pour s’en convaincre : « la coopération franco-africaine n’est pas en crise ».

En tant qu’ancienne puissance coloniale en Asie du Sud-est, la France est directement concernée par l’évolution de l’ex-Indochine et par la guerre du Vietnam qui se poursuit malgré les négociations de Paris et s’étend au Cambodge. Les bombardements américains qui s’intensifient ont alors une conséquence tragique pour la France puisque, le 11 octobre 1972, l’immeuble de la Délégation générale à Hanoï est touché de plein fouet par une bombe américaine. Pierre Susini (délégué général depuis décembre 1970) y trouve la mort.

Du côté des affaires européennes, c’est la mobilisation après le choc de la dévaluation du dollar en 1971 : il s’agit pour la Communauté économique européenne d’affirmer sa cohésion face au déséquilibre des relations monétaires internationales en manifestant la solidarité monétaire des pays européens par une Conférence au sommet qui se tient à Paris les 19 et 20 octobre 1972, dont le résultat le plus important est la détermination affichée de réaliser une union économique et monétaire.

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65 Note du Directeur des Affaires politiques pour le Ministre. Entrée des deux États allemands à l’ONU

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65

NOTE

DU DIRECTEUR DES AFFAIRES POLITIQUES

POUR LE MINISTRE

Entrée des deux États allemands à l’ONU

J’ai pris connaissance en rentrant de congé des télégrammes no 4427 et 44352 de notre ambassadeur à Bonn ainsi que des notes du Directeur des Affaires juridiques en date des 21 juillet3 et 1er août4 au sujet de l’entrée à l’ONU des deux États allemands.

1o La thèse de M. de Lacharrière5 paraît fondée, mais le problème qui se pose n’est que très partiellement juridique. On pourrait discuter à l’infini de l’usage que la RDA pourra faire de l’article 103 de la Charte, une fois entrée à l’ONU, ou des droits que confèrent aux Quatre les articles 53 et 107 (dont, notons-le en passant, l’usage est pour le moins délicat pour les alliés de la RFA) en ce qui concerne le règlement de la question allemande. Ces derniers visent en effet toute renaissance du militarisme dans les « États ex-ennemis », qu’il s’agisse de l’Italie ou du Japon aussi bien que de l’Allemagne. Les véritables droits fondamentaux quadripartites concernant le règlement de la question allemande ne découlent pas des articles 53 et 107 de la Charte, ni même du Deutschland Vertrag (convention sur les relations d’octobre 1954)6, souvent invoqué par Bonn, mais de la déclaration du 5 juin 19457 par laquelle les quatre vainqueurs ont assum...

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