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Documents diplomatiques français

1951 (1er janvier – 31 décembre)

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Edited By Ministère des Affaires étrangères

Le premier grand souci du Quai d’Orsay en 1951 reste la guerre de Corée. En particulier à cause des développements de l’intervention chinoise, qui modifie du tout au tout la situation, et sur le terrain, et pour l’Indochine, et au niveau international. Le Quai d’Orsay s’est efforcé de jouer un rôle apaisant, comme il le faisait depuis le début du conflit.

Autre grand problème : le réarmement allemand et la Communauté Européenne de Défense (CED). On y va à reculons et c’est un débat qui ne disparaîtra pas avant 1954 et qui divisera gravement le ministère des Affaires étrangères. D’autre part on comprend bien qu’il faudra faire des concessions politiques à la RFA, à la fois en échange de sa participation à la future Armée européenne et pour l’empêcher de se laisser séduire par les sirènes insistantes de l’Est.

Bien entendu l’URSS reste le grand problème. Donc une année marquée avant tout par la Guerre froide et ses multiples aspects, qui voit le Quai élaborer une doctrine cohérente, dans l’ensemble prudente, de l’Asie à l’Europe et à la question allemande et jusqu’aux rapports avec l’URSS.

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398 Note de la Direction d’Europe (Sous-direction d’Europe orientale). Le voyage à Paris de M. Churchill. Le réarmement allemand et l’URSS

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398

NOTE DE LA DIRECTION D’EUROPE

(Sous-direction d’Europe orientale)

Le voyage à Paris de M. Churchill.Le réarmement allemand et l’URSS

N.

Paris, 12 décembre 1951.

1) La question du réarmement allemand entre dans la phase décisive. Avant le 2 février 1952, la forme que prendra ce réarmement sera fixée. Dès le mois d’avril, les mesures initiales seront prises sur le territoire de la République fédérale.

2) Il n’est pas douteux qu’avec le recrutement de contingents allemands ou d’origine allemande, une période nouvelle s’ouvrira dans les rapports entre les grandes puissances. Avec près de deux ans de retard, c’est, au fond, la réponse des puissances occidentales à l’agression de Corée. L’initiative ainsi prise à l’Ouest pose, à Moscou, des problèmes aussi sérieux que ceux auxquels ont dû faire face les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne après le 25 juin 1950.

3) La guerre de Corée présente ce caractère particulier qu’elle n’a pas conduit à une rupture irrémédiable entre les deux camps. Les Russes avaient la partie belle, puisqu’officiellement ils étaient neutres. Du côté occidental, on a pris soin de rester en contact direct avec le gouvernement soviétique. À plusieurs reprises, des conversations ont eu lieu à Moscou pour essayer de préciser les positions mutuelles, pour montrer aussi que du côté des Nations unies on...

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