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Le «care», face morale du capitalisme

Assistance et police des familles en Amérique latine

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Edited By Blandine Destremau and Isabel Georges

    L’Amérique latine est souvent considérée comme un laboratoire de politiques publiques, qui accompagnent le développement de formes néo-libérales de capitalisme. Après les années 2000, l’État social signe son « retour », marqué par une nouvelle génération de politiques sociales d’assistance dites conditionnelles, dans des contextes de réduction des dépenses publiques, d’extension de la marchandisation et d’intense concurrence politique.

    Cet ouvrage explore les nébuleuses d’acteurs engendrées par la mise en pratique de ces politiques, à partir d’enquêtes ethnographiques menées dans cinq métropoles d’Amérique latine. Il montre comment elles instituent une police des familles, centrée sur les femmes et fondée sur une économie morale valorisant l’éthique du care et de la responsabilité. La gestion et la répartition du travail reproductif s’opèrent par des dispositifs d’activation, d’incitations comportementales et de contrôle de proximité. Ce mode de gouvernement moral des pauvres tend à instaurer un ordre politique qui organise la reproduction sociale et économique et repose sur une division du travail entre sexes, générations et classes sociales. Il nourrit l’essor des opportunités de profit marchand et des positions d’intermédiation. Cette face morale des politiques économiques néolibérales a permis un compromis de gouvernement, qui s’est estompé.

    S’il se démarque de ce cadre général, le cas de Cuba, aux prises avec une réforme de sa politique sociale, confirme la centralité du care et des injonctions morales dans les politiques publiques.

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    Représentation de la pauvreté ou pauvreté de la représentation. Pour une ethnosociologie politique des discours institutionnels (Ricardo Peñafiel)

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    Représentation de la pauvreté ou pauvreté de la représentation

    Pour une ethnosociologie politique des discours institutionnels

    Ricardo PEÑAFIEL

    Université du Québec à Montréal (UQAM) et Groupe de recherche sur les imaginaires politiques en Amérique latine (GRIPAL), Montréal, Canada

    L’étude des médiations1 et des intermédiaires2 impliqués dans la mise en place des politiques sociales tend à montrer un immense écart entre la lettre des programmes sociaux et leur implantation dans des réalités concrètes. Cet écart n’est pas simplement dû à des questions de corruption (détournement du programme vers des fins personnelles ou partisanes) ou de propagande (embellissement rhétorique des politiques sociales par les gouvernements en quête de légitimation). Il ne s’agit pas non plus seulement d’un écart entre la complexité de la vie sociale et la nécessaire simplification de celle-ci dans l’énoncé général d’une politique publique. Cet écart entre la formulation d’une politique sociale et son application s’explique également par la capacité de « résistance » des « bénéficiaires » qui introduisent alors une dimension foncièrement politique au phénomène. Ce texte propose une réflexion théorique appuyée sur quelques études de cas afin de présenter une perspective méthodologique permettant d’aborder les politiques sociales en fonction de ces résistances. ← 271 | 272 →

    Objectivations et subjectivations : conditions de possibilité du politique

    Je...

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