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Le «care», face morale du capitalisme

Assistance et police des familles en Amérique latine

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Blandine Destremau and Isabel Georges

    L’Amérique latine est souvent considérée comme un laboratoire de politiques publiques, qui accompagnent le développement de formes néo-libérales de capitalisme. Après les années 2000, l’État social signe son « retour », marqué par une nouvelle génération de politiques sociales d’assistance dites conditionnelles, dans des contextes de réduction des dépenses publiques, d’extension de la marchandisation et d’intense concurrence politique.

    Cet ouvrage explore les nébuleuses d’acteurs engendrées par la mise en pratique de ces politiques, à partir d’enquêtes ethnographiques menées dans cinq métropoles d’Amérique latine. Il montre comment elles instituent une police des familles, centrée sur les femmes et fondée sur une économie morale valorisant l’éthique du care et de la responsabilité. La gestion et la répartition du travail reproductif s’opèrent par des dispositifs d’activation, d’incitations comportementales et de contrôle de proximité. Ce mode de gouvernement moral des pauvres tend à instaurer un ordre politique qui organise la reproduction sociale et économique et repose sur une division du travail entre sexes, générations et classes sociales. Il nourrit l’essor des opportunités de profit marchand et des positions d’intermédiation. Cette face morale des politiques économiques néolibérales a permis un compromis de gouvernement, qui s’est estompé.

    S’il se démarque de ce cadre général, le cas de Cuba, aux prises avec une réforme de sa politique sociale, confirme la centralité du care et des injonctions morales dans les politiques publiques.

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    Remerciements et dédicace

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    Cet ouvrage est issu d’un financement ANR SUDS II, pour un projet intitulé Offre institutionnelle et logiques d’acteurs : femmes assistées dans six métropoles d’Amérique latine. L’aventure du projet LATINASSIST (2010 – 2014) s’est révélée intense et riche, tant humainement qu’intellectuellement. Plus que de remerciements, il s’agit ici d’une gratitude envers ce collectif qui a fonctionné dans la générosité et le partage, garants de la constitution d’une grande intelligence collective et d’une bienveillance dans les échanges.

    Nous souhaitons remercier deux personnes qui nous ont aidées lors des moments sensibles et denses de notre parcours : Beatriz Maida Paca, qui a été notre stagiaire, puis notre assistante, en particulier lors de l’organisation du colloque final. Et Aimée Zeitz, qui s’est embarquée dans le projet au moment du colloque également, a traduit un des chapitres et a accompagné la relecture des textes.

    Nous remercions aussi Emilie Jacquemot et Carmen Mata, du laboratoire IRIS, qui ont su mettre leur professionnalité et leur rigueur au service de la construction du manuscrit, étape délicate dans la menée à bien d’un projet d’ouvrage collectif. Et également Jean-Charles Boulanger d’avoir relu ce texte avec attention pour en extirper les erreurs et coquilles.

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