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Le lobbying en France

Invention et normalisation d’une pratique politique

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Guillaume Courty

Lauréat du prix de recherche 2019 de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Cet ouvrage, résultat de quinze années d’enquêtes, aborde aussi bien la formation des lobbyistes que les scandales médiatisés. Il souhaite, en cinq temps, dépassionner le débat en apportant des réponses aux questions que se posent les journalistes, les hommes politiques ou les citoyens : « combien sont-ils ? », « sont-ils influents ? », etc.

Les cinq temps de l’ouvrage suivent la progression de l’invention du lobbying en France. Le premier revient sur la fabrication d’un problème autour du lobbying dans la vie politique française et explique comment l’équation lobbying/corruption a été inventée. Le deuxième temps permet de comprendre comment les français ont été amenés à parler d’histoires de lobbying alors que le mot ne renvoyait qu’à des phénomènes américains avant les années 1950. Cette conversion ne signifie pas que le lobbying soit admis. Au contraire, le plus souvent, il irrite, énerve et alimente la critique du système politique.

Les troisième et quatrième temps portent sur les lobbyistes eux-mêmes et présentent les résultats obtenus grâce aux enquêtes menées sur 717 lobbyistes et 155 cabinets conseil. Cette approche permet de comprendre comment le lobbying est devenu un marché dans la vie politique et comment ces professionnels se concurrencent et s’opposent. Enfin, le dernier temps se confronte à la question la plus difficile : en quoi les lobbyistes sont-ils influents ?

À l’heure où la France se dote de la première loi se donnant comme objectif de réguler le lobbying, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène qui n’a, à ce jour, jamais fait l’objet de telles enquêtes.

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L’ultime raison du citoyen

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Tableau no 3. Les réponses des électeurs américains à la question « Pour qui travaille le gouvernement ? » (% en colonne)

Sources : National Election Studies entre 1964 et 2008 (http://www.electionstudies.org/).

Lecture : Depuis 1970, à l’exception de l’élection intermédiaire de 2002, plus de 50 % des électeurs américains considèrent que le gouvernement travaille plus pour quelques grands intérêts que pour le bénéfice de tous.

Tableau no 4. Les réponses des électeurs britanniques à la question « Qui a le pouvoir ? » (en %)

Source : extrait de Crewe et al., 1995 : 250.

Au Royaume-Uni, depuis 1963, la question « qui a le plus de pouvoir ? » est régulièrement posée. Ici aussi les milieux d’affaires ont pris la première place une fois que les syndicats ont subi les effets de l’ère de M. Thatcher (1979-1990) et de l’avènement du néolibéralisme. L’enquête anglaise est moins fine chronologiquement que son pendant américain, mais plus précise sociologiquement. La croyance dans le pouvoir des milieux d’affaires a des adeptes précis : les hommes plus que les femmes ; les seniors plus que les juniors. Politiquement, les électeurs conservateurs considèrent que les syndicats ont trop de pouvoir, alors que les travaillistes font pencher la balance du côté du business. Au centre, les libéraux se montrent plus proches des travaillistes que des conservateurs. Aux extrêmes, les électeurs sont encore plus critiques à l’...

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