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Le lobbying en France

Invention et normalisation d’une pratique politique

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Guillaume Courty

Cet ouvrage, résultat de quinze années d’enquêtes, aborde aussi bien la formation des lobbyistes que les scandales médiatisés. Il souhaite, en cinq temps, dépassionner le débat en apportant des réponses aux questions que se posent les journalistes, les hommes politiques ou les citoyens : « combien sont-ils ? », « sont-ils influents ? », etc.

Les cinq temps de l’ouvrage suivent la progression de l’invention du lobbying en France. Le premier revient sur la fabrication d’un problème autour du lobbying dans la vie politique française et explique comment l’équation lobbying/corruption a été inventée. Le deuxième temps permet de comprendre comment les français ont été amenés à parler d’histoires de lobbying alors que le mot ne renvoyait qu’à des phénomènes américains avant les années 1950. Cette conversion ne signifie pas que le lobbying soit admis. Au contraire, le plus souvent, il irrite, énerve et alimente la critique du système politique.

Les troisième et quatrième temps portent sur les lobbyistes eux-mêmes et présentent les résultats obtenus grâce aux enquêtes menées sur 717 lobbyistes et 155 cabinets conseil. Cette approche permet de comprendre comment le lobbying est devenu un marché dans la vie politique et comment ces professionnels se concurrencent et s’opposent. Enfin, le dernier temps se confronte à la question la plus difficile : en quoi les lobbyistes sont-ils influents ?

À l’heure où la France se dote de la première loi se donnant comme objectif de réguler le lobbying, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène qui n’a, à ce jour, jamais fait l’objet de telles enquêtes.

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Chapitre III. Le conseil en lobbying comme marché, le lobbying comme métier

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Chapitre III

Le conseil en lobbying comme marché, le lobbying comme métier

« Voulez-vous faire du lobbying pour nous ?

Salaire 7 700 euros, plus carte American Express no limit, plus un appart. »

Phrase qui « fait rêver » la romancière Ariane Walter dans sa chronique de l’ouvrage de C. Deviers-Joncqour

Les rêveries d’une promeneuse solitaire

AgoraVox.fr, 24 mai 2012.

Les rencontres avec les lobbyistes connaissent un rituel : l’échange des cartes de visite. Ces échanges ont permis de composer un répertoire de 38 cartes lors de la vingtaine de rites observés. Que montrent-elles ? Déjà et avant tout, saute aux yeux l’absence de mention de l’activité de lobbying : deux seulement la mettent en avant (un seul se nomme lobbyiste), un troisième la mêlant dans un nuage sémantique à d’autres activités classiques de consultant (relations presse, par exemple). Plus fréquente, l’expression « affaires publiques », parfois « public affairs », est mise en dessous du nom du titulaire. D’autres préfèrent des formules plus institutionnelles comme « relations avec le Parlement » ou « relations institutionnelles » ; ou des mentions plus politiques comme « relations avec les élus » ou, plus rarement, des précisions plus commerciales, « chargés de clientèles » ; quand, enfin, certains versent dans l’originalité comme ce « service de l’ouverture à la société ». Dernier fait marquant, les cartes des cabinets les plus connus sur la place de Paris ne mentionnent pas l’activité exercée, comme si...

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