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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 1. Qu’est-ce qu’une méthode inductive ou comment comprendre le fil rouge de toutes ces enquêtes ?

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CHAPITRE 1

Qu’est-ce qu’une méthode inductive ou comment comprendre le fil rouge de toutes ces enquêtes ?

Introduction

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire ce chapitre 1 que j’ai rédigé deux mois après avoir fini ce livre en mai 2017. Je ne savais pas quelle forme ni quel ton utiliser pour donner du sens à l’ensemble de ces enquêtes qui peuvent paraître partir dans toutes les directions. Je me demandais comment montrer la production du vrai sous sa forme déterminée et indéterminée, comment éviter de produire un relativisme de la connaissance tout en échappant, si possible, à la production de croyances qui empêchent de voir la réalité du champ de forces positives et négatives dans lequel nous sommes tous engagés.

Je ne suis pas sûr aujourd’hui qu’il soit possible de montrer tout cela. C’est en tout cas de façon analogique, et j’aime la force évocatrice de la pensée analogique, un objectif « asymptotique » qui court vers son but sans jamais l’atteindre. L’unité de ce livre est méthodologique. Elle est fondée sur l’exploration non programmée des sociétés contemporaines et la recherche du vrai plus que de La vérité qu’elle soit scientifique ou religieuse. Je suis peut-être même prêt à accepter, au moins comme hypothèse, ce que dit Gérard Haddad dans son livre de 2015, Dans...

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