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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 7. Les échelles d’observation ou la découverte de la discontinuité de l’observation entre le macrosocial et le microsocial (1987)

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CHAPITRE 7

Les échelles d’observation ou la découverte de la discontinuité de l’observation entre le macrosocial et le microsocial (1987)

Introduction

Suite à mes deux enquêtes, celle de Madagascar qui portait sur la domination bureaucratique et celle du Congo qui portait sur les jeux d’acteurs, je me retrouve confronté à deux systèmes d’explication qui paraissent contradictoires : le premier met l’accent sur les effets d’imposition, c’est-à-dire « une façon d’expliquer un changement sans que l’acteur intervienne » et donc comme un effet de domination (D. Desjeux, 1987, p. 217), et le second sur les effets d’acteurs, et donc de marge de manœuvre et de liberté sous contrainte. Grâce à une question qui m’a été posée, en 1983, sur les enjeux sociologiques de l’eau par le C. C. F. D. (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement) dans le cadre de la décennie de l’eau 1981-1990 (D. Desjeux, 1984), j’ai trouvé la solution épistémologique des échelles d’observation.

« Il m’était notamment demandé de réfléchir sur les problèmes d’investissement hydraulique, puits ou petits barrages, en zone sahélienne africaine, et donc d’analyser les causes de la sécheresse d’un côté et les contraintes ou les potentialités culturelles de résolution des problèmes par la population de l’autre. Depuis les années 1970, l’interprétation la plus fréquente [de la sécheresse] était [politico-historique] ». ← 111 | 112 →

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