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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 11. Les émeutes urbaines de 1994 dans une cité de Chelles, un analyseur des tensions sociétales et de l’institutionnalisation de la consommation

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CHAPITRE 11

Les émeutes urbaines de 1994 dans une cité de Chelles, un analyseur des tensions sociétales et de l’institutionnalisation de la consommation

Il est clair qu’en 1990, on n’est plus dans la « banlieue, première génération », celle des années 1960, la banlieue heureuse en quelque sorte, telle qu’elle est décrite dans le livre de Xavier Charpentier, un des deux fondateurs de la société FreeThinking, Je me suis bien plu ici (2015), à partir du témoignage des habitants du Blanc-Mesnil, une ville de Seine-et-Oise devenue depuis le “9-3”. La banlieue, comme tout phénomène social, a toujours eu deux faces, positives et négatives, comme vient de le montrer l’enquête sur les entrées de ville au chapitre 9.

En 1990, on est dans l’entre-deux. Les cités font partie des entrées de ville contemporaines. La marche pour l’égalité et contre le racisme a déjà eu lieu en 1983, suite aux émeutes urbaines du quartier des Minguettes à Vénissieux à côté de Lyon. Les usagers des entrées de ville que nous avons interviewés, ne laissent apparaître qu’une faible partie des signes avant-coureurs des nouvelles émeutes urbaines que nous aurons à étudier quatre ans plus tard, en 1994, à Chelles dans la cité Schweitzer-Laennec.

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