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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 20. Les usages sociaux des SMS et du téléphone mobile en Chine, en Pologne et en France, par la fraction jeune de la classe moyenne mondiale (2005)

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CHAPITRE 20

Les usages sociaux des SMS et du téléphone mobile en Chine, en Pologne et en France, par la fraction jeune de la classe moyenne mondiale (2005)

Introduction

D’après des chercheurs comme Christian Licoppe (2002), Carole-Anne Rivière (2002) ou Gérald Gaglio (2005), l’usage des SMS a explosé en Europe en moins de 3 ans, entre 1999 pour la Scandinavie et 2000/2001 pour la France et l’Italie : « En 1999, il s’échangeait [en Finlande] déjà 650 millions de minimessages pour 5 millions d’habitants », d’après Carole-Anne Rivière citant des sources finlandaises. En 2001, il s’est échangé 1 milliard de SMS en France d’après Orange cité par le même auteur.

L’objectif de ce chapitre, publié en 2005 en japonais et en anglais dans la revue de la société NTT DOCOMO au Japon, grâce à l’aide du conseil scientifique de Bouygues Telecom, est de montrer les usages invisibles qui sont apparus petit à petit à travers des enquêtes qualitatives à une échelle microsociale sur les pratiques du SMS menées en France par Catherine Lejealle (2003), en Pologne par Malgorzata Kamieniczna (2004) et en Chine par Anne Sophie Boisard (2004). Il est aussi de faire ressortir les pratiques communes ou particulières liées aux trois cultures analysées. Les usages sociaux du SMS dans le monde sont eux-mêmes engagés dans une dynamique en constante évolution qui va des plus...

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