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L’empreinte anthropologique du monde

Méthode inductive illustrée

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Dominique Desjeux

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXIe siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés.

Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

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Chapitre 22. Un regard anthropologique sur la crise de 2008 (2009)

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CHAPITRE 22

Un regard anthropologique sur la crise de 2008 (2009)

Introduction

« Depuis la crise des subprimes de juillet/août 2007, suivie par la crise financière de septembre 2008, nous sommes rentrés dans une période de forte incertitude. Cela se traduit par du flou, de l’instable et des déplacements de questions ou d’interprétations.

J’ai donc cherché à me créer des cadres d’observation pour mieux comprendre la crise afin de mieux saisir les risques, les contraintes et les opportunités pour l’action, et en évitant, si possible, toute approche idéologique, c’est-à-dire qui prend un seul point de vue, celui des dominés, des entrepreneurs, de l’État, du marché, du risque, de la justice, etc.

Pour ce faire, je cherche à partir de la réalité et de l’observation, à repérer l’ambivalence des phénomènes, positifs et négatifs, à décrire leur diversité en fonction des échelles d’observation, et à éviter d’attribuer à une cause première ou unique la source des problèmes ou des solutions. Je cherche plutôt à repérer des acteurs concrets et des effets de systèmes entre actions et décisions. C’est ce que l’on appelle souvent une approche inductive qui cherche à explorer et à être pragmatique.

Je vais donc proposer une lecture anthropologique des trois grandes incertitudes qui pèsent sur nos sociétés aujourd’hui sans prétendre être exhaustif, global ou coh...

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