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Documents diplomatiques français

1971 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

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Ministère des Affaires étrangères

Au cours du premier semestre de l’année 1971, de multiples négociations accaparent l’attention de la diplomatie française, qu’elle en soit partie prenante ou qu’elle les observe avec circonspection. C’est le cas des entretiens bilatéraux américano-soviétiques sur la limitation des armements nucléaires qui se tiennent à Helsinki et à Vienne ; les préliminaires d’une conférence européenne sur la sécurité et la coopération en Europe ; les négociations sur la réduction équilibrée des forces (auxquelles Paris refuse de participer, prétextant du fait qu’elle s’est retirée de l’organisation intégrée de l’OTAN) ; enfin les négociations liées à la question du statut de Berlin. À celles-ci, s’ajoute le dossier de l’élargissement de la CEE : favorable à l’adhésion de la Grande-Bretagne, la France attend qu’elle modère ses exigences en matière de mesures transitoires. Mais les négociations avec l’Algérie, qui remet en cause les relations pétrolières franco-algériennes avec sa décision de la nationalisation, sont bien plus ardues et conduisent à une dégradation des rapports entre les deux pays. L’Afrique noire fait l’objet de toutes les attentions du président Pompidou, qui y effectue un voyage du 3 au 13 février 1971, marquant ainsi l’importance qu’il attache à maintenir des rapports privilégiés avec les pays africains, même si le président de la République insiste sur l’adaptation et le développement de la politique de coopération. Les négociations pour la paix au Vietnam se poursuivent à Paris. Le Quai d’Orsay ne peut que constater la prolongation du conflit vietnamien et son extension au Cambodge où, depuis le coup de force de mars 1970, la diplomatie française hésite entre le soutien au prince Sihanouk réfugié à Pékin et les relations avec le gouvernement Lon Nol qui l’a chassé du pouvoir.
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180 M. Seydoux de Clausonne, ambassadeur de France à Moscou, à M. Schumann, ministre des Affaires étrangères

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180

M. SEYDOUX DE CLAUSONNE, AMBASSADEUR DE FRANCE À MOSCOU, À M. SCHUMANN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

La politique soviétique et la France, à la veille de la visite de M. Schumann.

Il n’est sans doute pas inutile, au lendemain du 24e Congrès de faire une fois de plus le point des succès remportés par la diplomatie soviétique et des difficultés auxquelles elle se heurte. En effet, la réunion du Kremlin a donné aux dirigeants de ce pays l’occasion de procéder eux-mêmes à cet examen et de faire la part de leurs réussites et de leurs échecs, même si les textes dont nous avons connaissance ne font le plus souvent apparaître que les aspects positifs de leur politique. Dans la perspective de la visite du Ministre à Moscou, je m’efforcerai également de déterminer dans quelle mesure l’attitude de l’URSS à l’égard de la France a pu être influencée par ce bilan et quelles conclusions il paraît possible d’en tirer.

J’ai déjà fait le compte à diverses reprises, au cours des deux dernières années, des principaux problèmes que la diplomatie soviétique est parvenue sinon à résoudre, du moins à orienter dans la voie d’un règlement de nature à la satisfaire. Je n’y reviendrai donc que brièvement. C’est, si l’on se reporte trois ou quatre ans en arrière, que le tableau est le plus sombre. Après la...

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