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L’ivresse entre le bien et le mal

De l’Antiquité à nos jours

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Edited By Matthieu Lecoutre

L’ambivalence de la relation à l’ivresse est au cœur de l’histoire. Depuis l’Antiquité, des hommes et des femmes s’enivrent en s’appuyant sur des arguments complaisants et en laissant de côté les arguments moralisateurs.

Cet ouvrage a pour objectif de mieux comprendre cette particularité humaine qui consiste à pouvoir boire sans soif. Onze interventions scientifiques abordent les questions essentielles : Comment a-t-on justifié l’ivresse de l’Antiquité à nos jours ? Pourquoi et avec quoi s’enivre-t-on depuis l’Antiquité ? Dans quels cas l’ivresse est-elle perçue négativement au sein des sociétés ? Quelles solutions adopter aujourd’hui à l’égard des conséquences néfastes de l’alcool ?

Les réponses ne sont jamais univoques. Les sociétés, de l’Amérique à l’Asie, de l’Afrique à l’Europe, ont toujours réfléchi à l’endroit où placer le curseur, avec plus ou moins de succès, entre fermeté et empathie envers l’alcoolo-dépendant.

Dans cet ouvrage, des spécialistes en sciences humaines expliquent les fondements culturels, économiques et sociaux de l’ivresse et tous sont d’accord sur une solution à apporter aujourd’hui : l’éducation à la consommation.

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Conclusion (Jean-Robert Pitte)

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Conclusion

Jean-Robert PITTE

Membre de l’Institut

Ne biaisons pas. Les réflexions rassemblées dans cet ouvrage n’ont nullement pour objet de faire de l’ivresse chronique un état recommandable. Chacun sait quelles sont les conséquences que l’ivrognerie fait courir à la santé des individus qui s’y adonnent. Que 37 % des hommes russes décèdent avant 55 ans, contre seulement 7 % au Royaume-Uni1 en dit assez. 2,5 millions d’humains meurent d’alcoolisme chaque année, dont 40 000 en France, soit 1,6 % des décès de la planète liés à cette cause, dans un pays qui compte moins de 1 % de sa population2. Mortifères et tristes sont l’addiction alcoolique quotidienne ou la recherche de l’ivresse rapide (binge drinking), détestable pratique popularisée pendant la prohibition américaine3 et subsistant dans tous les pays ayant connu et maintenant des vestiges de politiques comparables (Europe et Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande). Elle est hélas désormais courante dans un pays comme la France où elle constitue chez certains jeunes de tous milieux ← 259 | 260 → sociaux un sport collectif qui n’est rien d’autre qu’un assommoir destiné à engloutir leur angoisse des lendemains qui déchantent.

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