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Traverser

Mobilité spatiale, espace, déplacements

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Edited By Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli and Giulio Iacoli

S’il a été possible de penser la localisation comme support privilégié de l’idée même de culture, nous assistons sans doute aujourd’hui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, d’ordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles d’une multiplicité de parcours et de discours dotés d’une intensité configurante et modélisante.

Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de l’idée que notre expérience du « réel » s’élabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de l’expérience de mobilité spatiale nous offrent une porte d’entrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité qu’ont la littérature et les arts de s’insérer dans l’ensemble varié et stratifié de nos expériences, d’influencer notre rapport au monde et notre figuration de l’espace.

Dans la perspective de cette « mise en relation », la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de l’espace ; les projections cartographiques et les pratiques d’appropriation du territoire ; les notions de vitesse, d’accélération et de lenteur ; le droit de passage et les frontières.

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Les nouvelles allures du flâneur. Vitesse et déambulation dans l’œuvre de Jacques Réda (Théo Soula)

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Les nouvelles allures du flâneur

Vitesse et déambulation dans l’œuvre de Jacques Réda

Théo Soula

Université Toulouse Jean Jaurès

La flânerie baudelairienne naît pendant l’aménagement du Paris moderne : celui des trottoirs, des passages, de l’éclairage au gaz. Elle naît aussi dans un contexte d’accélération historique des déplacements. Marc Desportes revient sur cette histoire (Desportes 2005) et sur son lien avec le paysage. Plus spécifiquement pour Paris, les phases d’accélération sont assez connues, du percement des boulevards d’Haussmann (qui entraîne justement la disparition de nombreux passages dont le flâneur benjaminien s’était fait le chantre) à la constitution de l’actuelle voirie périphérique dans les années 1970 (Flonneau 2005), systématiquement accompagnées par les innovations technologiques qui concernent les moyens de transport. Le flâneur, dès lors, se fait l’observateur de ces changements qui affectent tout à la fois la physionomie de la ville, ses usages et son expérience. Et cette expérience du paysage, c’est d’abord l’expérience d’un regard : pour Alain Corbin, par exemple, « [le nouveau régime scopique au xixe siècle] résulte d’un faisceau de données : la vitesse accrue des déplacements suscite alors un nouvel apprentissage du regard posé sur l’espace » (Corbin 2001 : 23). Or, on sait combien chez le flâneur l’attention visuelle importe1. Il se fait donc l’écho privilégié des...

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