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Traverser

Mobilité spatiale, espace, déplacements

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Edited By Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli and Giulio Iacoli

S’il a été possible de penser la localisation comme support privilégié de l’idée même de culture, nous assistons sans doute aujourd’hui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, d’ordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles d’une multiplicité de parcours et de discours dotés d’une intensité configurante et modélisante.

Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de l’idée que notre expérience du « réel » s’élabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de l’expérience de mobilité spatiale nous offrent une porte d’entrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité qu’ont la littérature et les arts de s’insérer dans l’ensemble varié et stratifié de nos expériences, d’influencer notre rapport au monde et notre figuration de l’espace.

Dans la perspective de cette « mise en relation », la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de l’espace ; les projections cartographiques et les pratiques d’appropriation du territoire ; les notions de vitesse, d’accélération et de lenteur ; le droit de passage et les frontières.

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Écrivains en marche sur les voies antiques italiennes (Filippo Milani)

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Écrivains en marche sur les voies antiques italiennes

Filippo Milani

Università di Bologna

Traduction d’Adrien Frenay

Départ

Au cours des dix dernières années, le nombre de publications d’écrivains-marcheurs a augmenté de façon exponentielle, apportant une contribution significative au marché de l’édition (guides, journaux intimes, rapports, récits, etc.). Les raisons peuvent être multiples et interdépendantes : un sentiment écologique renouvelé lié à une préoccupation croissante pour la planète ; le besoin de retourner à la nature pour trouver une nouvelle source d’inspiration pour une veine narrative devenue aride ; le désir de dénicher de nouvelles histoires à raconter sur des chemins oubliés ; la redéfinition de la représentation du territoire par un regard plus proche de la vie quotidienne par opposition aux projets de grands travaux nationaux et internationaux ; la nécessité de tracer un nouveau rapport possible entre homme et nature1. Il s’agit d’une série de motivations plausibles qui oscillent entre nécessité et mode, mais, en tout cas, la redécouverte du voyage à pied coïncide aussi avec le besoin de trouver un nouveau rapport à la réalité par l’écriture, afin de réduire la distance entre auteurs et lecteurs, entre les écrivains et la contingence2. À l’ère de la virtualisation de la réalité, les histoires d’écrivains-marcheurs qui utilisent le moyen de locomotion le plus simple et le plus naturel se caractérisent par une adhésion...

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