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Traverser

Mobilité spatiale, espace, déplacements

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Edited By Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli and Giulio Iacoli

S’il a été possible de penser la localisation comme support privilégié de l’idée même de culture, nous assistons sans doute aujourd’hui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, d’ordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles d’une multiplicité de parcours et de discours dotés d’une intensité configurante et modélisante.

Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de l’idée que notre expérience du « réel » s’élabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de l’expérience de mobilité spatiale nous offrent une porte d’entrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité qu’ont la littérature et les arts de s’insérer dans l’ensemble varié et stratifié de nos expériences, d’influencer notre rapport au monde et notre figuration de l’espace.

Dans la perspective de cette « mise en relation », la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de l’espace ; les projections cartographiques et les pratiques d’appropriation du territoire ; les notions de vitesse, d’accélération et de lenteur ; le droit de passage et les frontières.

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Entre « espace queer » et « paysage queer » : imaginer/ressaisir un sens littéral (Giulio Iacoli)

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Entre « espace queer » et « paysage queer » : imaginer/ressaisir un sens littéral

Giulio Iacoli

Università degli Studi di Parma

Traduction d’Adrien Frenay

Vers une réappropriation critique

Est-il possible de réconcilier, d’une part, l’épaisseur théorique et la nature polémique du « queer » et, d’autre part, le sens littéral de « paysage », c’est-à-dire l’expérience vécue, corporelle de dire et de percevoir l’espace ?

Ce n’est pas, de ma part, une question rhétorique. Une étude approfondie du champ des « géographies de la sexualité » (voir Brown et Knopp 2007) fournit relativement peu de points d’appui pour établir cette relation. Alors qu’il est plutôt courant de parler d’un « espace queer » – bien que, en d’autres termes, « l’espace » soit visiblement employé métaphoriquement, incluant une multiplicité d’acteurs et de pratiques vus sous l’angle des interactions sociales et spatiales –, l’existence d’une généalogie queer du paysage, ou la possibilité même de l’imaginer, restent encore à faire émerger et à explorer. À une époque où « les notions d’“espace” et de “queerness”, dans toutes leurs formes, se rejoignent de manière cruciale et historique sur la carte de la pensée politique et culturelle » (Ingram, Boutilhette, Retter 1997 : 4), peu d’attention est portée à la compréhension d’une expérience de la nature d’ordre privée, principalement perceptive, liée aux questions de la dissidence sexuelle. On peut déceler, à l’origine d’une telle contradiction, la distance flagrante qui sépare...

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