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Traverser

Mobilité spatiale, espace, déplacements

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Edited By Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli and Giulio Iacoli

S’il a été possible de penser la localisation comme support privilégié de l’idée même de culture, nous assistons sans doute aujourd’hui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, d’ordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles d’une multiplicité de parcours et de discours dotés d’une intensité configurante et modélisante.

Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de l’idée que notre expérience du « réel » s’élabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de l’expérience de mobilité spatiale nous offrent une porte d’entrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité qu’ont la littérature et les arts de s’insérer dans l’ensemble varié et stratifié de nos expériences, d’influencer notre rapport au monde et notre figuration de l’espace.

Dans la perspective de cette « mise en relation », la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de l’espace ; les projections cartographiques et les pratiques d’appropriation du territoire ; les notions de vitesse, d’accélération et de lenteur ; le droit de passage et les frontières.

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Traverser les murs matériels et immatériels. Seuils des asiles de Basaglia au cinéma (Marina Guglielmi)

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Traverser les murs matériels et immatériels

Seuils des asiles de Basaglia au cinéma

Marina Guglielmi

Università degli Studi di Cagliari

Traduction de Véronique Guében

Traverser les seuils, l’exemple de Milos Forman

L’homme se trouve debout près d’une fenêtre grande ouverte. La grille, qui est fermée d’habitude, est ouverte. Il a volé les clés au veilleur de nuit et il a relevé les barrières extérieures. Depuis plusieurs semaines cet homme prépare son évasion de l’asile et à ce moment précis le plan qu’il a orchestré est en train de fonctionner : deux amies sont venues le chercher avec une voiture et elles l’attendent dehors, le veilleur de nuit dort, les autres pensionnaires sont venus lui dire au revoir et le regardent avec un sentiment qui oscille entre l’admiration et la stupeur. Ils n’ont jamais vu quelqu’un s’enfuir de la section psychiatrique. L’œil de la caméra filme les personnages de dos et la fenêtre ouverte dans le fond. Il suffirait de passer par la grille ouverte pour sortir. Et pourtant le protagoniste ne le fait pas.

Au moment même où il est en train de franchir le seuil, il remarque la mine déconfite de son ami Billy, celui qui bégaye et qui est condamné à rester dans cet asile de fous. Ça n’a l’air de rien, mais cette expression le fait revenir...

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