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Traverser

Mobilité spatiale, espace, déplacements

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Edited By Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli and Giulio Iacoli

S’il a été possible de penser la localisation comme support privilégié de l’idée même de culture, nous assistons sans doute aujourd’hui à une inversion qui fait du déplacement, de la mobilité et de la migration des pratiques constitutives des significations culturelles. Les lieux, d’ordinaire observés comme des images fixes, doivent alors être envisagés aussi comme les supports mobiles d’une multiplicité de parcours et de discours dotés d’une intensité configurante et modélisante.

Ainsi, les études rassemblées ici questionnent le rapport entre espace et littérature à partir de l’idée que notre expérience du « réel » s’élabore de manière relationnelle et discursive. Les récits qui se construisent à partir de l’expérience de mobilité spatiale nous offrent une porte d’entrée privilégiée pour observer la dimension performative de la narration, la capacité qu’ont la littérature et les arts de s’insérer dans l’ensemble varié et stratifié de nos expériences, d’influencer notre rapport au monde et notre figuration de l’espace.

Dans la perspective de cette « mise en relation », la question de la mobilité interroge ici les représentations institutionnelles et individuelles de l’espace ; les projections cartographiques et les pratiques d’appropriation du territoire ; les notions de vitesse, d’accélération et de lenteur ; le droit de passage et les frontières.

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Bibliographie incomplète et indisciplinée. Pour une mise en commun des références bibliographiques (Lucia Quaquarelli / Théo Soula)

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Bibliographie incomplète et indisciplinée

Pour une mise en commun des références bibliographiques

Lucia Quaquarelli

Université Paris Nanterre

Théo Soula

Université Toulouse Jean Jaurès

Dans Surveiller et punir, Michel Foucault (1975) nous mettait en garde contre la violence disciplinaire et nous montrait l’urgence de repenser nos pratiques à partir de l’exercice de l’indiscipline. Si les disciplines sont des « formules générales de domination » (Foucault 1975 : 139), l’indiscipline devient, « d’une manière systématiquement ambiguë », un « droit fondamental » et une « forme d’ordre désordonné de la société » (ibid. : 296). L’indiscipline est subversion et transgression ; elle est contre-pouvoir et affirmation d’un autre possible. Lui faisant écho, Stuart Hall, dans un passionnant dialogue avec Miguel Mellino (2007), défend une « théorie sans discipline » qui ne serait pas un refus ou un abandon des disciplines, mais, conformément à la stratégie de Jacques Derrida, une manière de travailler avec et sur les disciplines, une manière de garder les disciplines « sous rature » :

Nous devons continuer à penser le monde à travers ces concepts, dans le cadre des paradigmes qui ont constitué notre monde intellectuel, tout en reconnaissant qu’ils sont en difficulté ou en crise, qu’ils ne sont plus adaptés ni autosuffisants, qu’ils ont besoin d’ajustements. (Hall et Mellino 2007 : 321)

L’indiscipline serait ainsi, avant tout, une volonté de dévoiler et de questionner la puissance (violence) configurante des disciplines – leur capacit...

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