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Pour une histoire connectée et transnationale des épurations en Europe après 1945

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Edited By Marc Bergère, Jonas Campion, Emmanuel Droit, Dominik Rigoll and Marie-Bénédicte Vincent

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l’égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s’installe rapidement. Dans une perspective d’histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s’ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d’une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d’acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l’histoire chaotique de l’Europe post-1945 qu’il convient de relier à l’histoire des épurations.

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Chapitre 17 — À l’envers de la dénazification, la renazification ? Schémas de carrières ministérielles dans les deux Allemagnes (Dominik Rigoll)

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CHAPITRE 17

À l’envers de la dénazification, la renazification ? Schémas de carrières ministérielles dans les deux Allemagnes

Dominik RIGOLL

ZZF, Potsdam

À la conférence de Potsdam, qui s’est tenue à l’été 1945, les Alliés ne décidèrent pas seulement que « [t]ous les membres du parti nazi qui ont participé à son activité autrement que par leur adhésion nominale et toutes les autres personnes hostiles aux desseins alliés » devraient être « exclus des fonctions publiques ou semi-publiques et de toutes les situations qui impliquent des responsabilités dans les entreprises privées importantes ». Ils postulèrent aussi que « [c]es individus seront remplacés par des personnes qui, en raison de leurs qualités politiques et morales, sont jugées capables d’aider au développement de véritables institutions démocratiques en Allemagne »1. Or, encore récemment, l’histoire du (re)recrutement de personnel dans le service public allemand était beaucoup moins connue que celle de son avers beaucoup plus visible, la dénazification. Certes, dans les années 1970, quand les historiens ont commencé à travailler sur la dénazification, ils soulignaient déjà que, dans le cas ouest-allemand, Säuberung (l’épuration) et Rehabilitierung (la réhabilitation) allaient fréquemment de pair2. Or, à de très rares ← 273 | 274 → exceptions près3, ces études n’ont pas systématiquement analysé à quel moment, comment et pourquoi des individus ou des groupes « dénazifiés...

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