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La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

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Travail, formation et professionnalisation à l’heure de la « flexibilité » (Patricia Champy-Remoussenard)

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Travail, formation et professionnalisation à l’heure de la « flexibilité »1

Patricia CHAMPY-REMOUSSENARD

Université de Lille 3

Introduction

L’intention sociale de professionnalisation constitue aujourd’hui une préoccupation quasi permanente et qui fait apparemment consensus, tout à la fois dans les contextes d’activités professionnelles et dans les activités d’éducation et de formation. Dans le même temps, les démarches visant à connaître, analyser, évaluer les activités professionnelles se développent de plus en plus, en réponse, semble-t-il à un véritable besoin social.

C’est sans doute en partie le caractère central du travail dans l’organisation de la vie sociale contemporaine et les changements rapides et profonds qui l’affectent qui motivent un puissant besoin de le connaître, de le formaliser, de l’analyser et des intentions croissantes de reconnaissance et d’évaluation des activités professionnelles (Dejours, 2003). Le besoin de connaissance du travail génère, quant à lui, un besoin de formalisation et d’analyse des situations de travail.

Plusieurs exemples de mutations du travail constatées dans la période actuelle traduisent une recherche de flexibilité généralisée : mobilité géographique des travailleurs et des étudiants, développement des pratiques de reconnaissance et de validation des acquis de l’expérience, incertitude des trajectoires professionnelles et changements d’activités, développement du modèle de l’entrepreneuriat et de l’éducation à l’entrepreneuriat, fonctionnement par projet et atrophie des collectifs ← 23 | 24 → de...

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