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La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

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Le travail éducatif : perspectives iconoclastes pour penser la professionnalisation des métiers adressés à autrui (Philippe Maubant / Lucie Roger)

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Le travail éducatif : perspectives iconoclastes pour penser la professionnalisation des métiers adressés à autrui

Philippe MAUBANT, Lucie ROGER

Université de Sherbrooke, Université de Montréal, Québec

Introduction

Rappelons, à l’instar de Groux et al. (2003, 19), que l’éducation comparée étudie des réalités pédagogiques différentes, « non pas seulement à des fins heuristiques, mais aussi dans le souci d’améliorer une situation éducative en s’inspirant des réalisations qui sont menées ailleurs ». L’éducation comparée a donc d’abord et avant tout une ambition pragmatique, c’est-à-dire qu’elle est en mesure de suggérer des perspectives de changement concernant les systèmes, dispositifs et organisations éducatives. Or la tentation est parfois grande de considérer qu’ailleurs, le paysage est plus ensoleillé, qu’au-delà de ses propres frontières, l’innovation est le moteur de l’action sociale et du changement, que les idées pédagogiques provenant de contrées lointaines sont prometteuses de transformations de pratiques, que l’ailleurs est la garantie d’une valeur, d’un voyage aux confins de l’improbable, autrement dit, qu’il amorce le rêve du meilleur des mondes possibles aux frontières d’une utopie éducative.

Mais retenons surtout que « l’éducation comparée rapproche des situations, des problématiques ou des systèmes éducatifs. Elle met l’accent sur les similitudes et les différences ; elle les explique en se référant au contexte politique, historique, économique, social ; elle retient ce...

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