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La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

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Professionnalisation à la lettre. Le cas des professeurs de l’enseignement agricole public (Jean-François Marcel)

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Professionnalisation à la lettre

Le cas des professeurs de l’enseignement agricole public1

Jean-François MARCEL

Université Toulouse Jean-Jaurès

Cher Pierre,

Quel plaisir de recevoir un courrier de ta part ! Le plaisir d’abord d’avoir de tes nouvelles, ce qui me fait regretter encore davantage la rareté de nos rencontres et de nos échanges. Nous étions quasiment inséparables à l’époque où nous défendions le même maillot de rugby sur les terrains de l’Aude, mais nos choix professionnels réciproques et leurs ancrages géographiques nous ont quelque peu éloignés. Toi, tu élèves un beau troupeau de vaches dans une ferme pour partie dans l’Aude et pour partie dans l’Ariège tandis que moi j’exerce dans une école toulousaine d’enseignement supérieur qui a la charge de former les professeurs de l’enseignement agricole public (l’ENFA, École nationale de formation agronomique devenue depuis l’ENSFEA : École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole) et de fournir un « appui » à ses établissements.

Le plaisir ensuite (et une agréable surprise) à cause des questions que tu me poses. Elles concernent l’avenir professionnel d’Élise, ta fille, mais, en même temps, elles font écho à celles que je me pose dans mon engagement au quotidien, que ce soit en tant que formateur d’enseignants ← 127 | 128 → ou en tant que chercheur en éducation, dans mon travail à l’ENFA, mais aussi en tant que citoyen, tout simplement.

J’ai...

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