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La professionnalisation en débat

Entre intentions et réalisations

Edited By Stéphane Guillon and Najoua Mohib

 La polysémie du terme même de professionnalisation ne permet pas de s’accorder sur un angle d’approche à privilégier. Une telle thématique est source de tensions dans la mesure où elle est le point nodal d’un rapport de forces entre deux systèmes dont les objectifs diffèrent : le marché du travail d’un côté, l’offre éducative de l’autre. Positionner le processus de professionnalisation comme objet central d’un ouvrage en sciences de l’éducation rend possible une lecture plurielle d’une problématique qui interroge le système éducatif en tant qu’il se transforme malgré lui pour répondre à des injonctions parfois paradoxales. Les auteurs ont développé des expertises dans les différents champs concernés ici : enseignement, formation, travail social. On trouvera dans cet ouvrage un effort définitionnel qui montre combien la professionnalisation est perçue à la fois comme un processus d’homogénéisation des pratiques à l’intérieur des groupes professionnels, mais également comme une injonction à modifier le contenu des savoirs transmis, pour répondre aux demandes du secteur productif en termes de compétences professionnelles ; ensuite une description des mécanismes de professionnalisation en termes de mise en oeuvre de dispositifs, d’ingénierie de diplôme, de modalités de financement et d’outillage des établissements d’enseignement supérieur et de ses acteurs ; enfin une réflexion sur les cadres théoriques ou idéologiques sous-jacents à ce processus de professionnalisation et les risques que cette évolution engendre sur le marché du travail et les systèmes de formation.

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Une lecture de la professionnalisation des acteurs dans le champ du travail social (Christine Mias)

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Une lecture de la professionnalisation des acteurs dans le champ du travail social

Christine MIAS

Université de Toulouse Jean-Jaurès

Prologue

Le travail social en tant qu’institution sociale a pour particularité d’être difficilement définissable, ce que nous pouvons attribuer à un enchevêtrement de facteurs historiques, organisationnels, politiques et économiques :

– une construction historique aux traditions et à l’ancienneté diverses (selon que l’on se situe depuis des missions de service social, ou d’éducation spécialisée ou encore d’animation) ;

– des acteurs multiples (outre les professions « phares », se sont développés à leur périphérie les métiers de médiateurs, de conseillers en économie sociale et familiale, de techniciens de l’intervention sociale et familiale…), liste à laquelle vient s’ajouter l’intervention de bénévoles) ;

– des problématiques individuelles et groupales très diversifiées pour accueillir des demandes très diverses (celles du handicap et de la pathologie, de l’exclusion sociale, des personnes âgées, de la prise en charge de la petit enfance…) ;

– des statuts institutionnels publics ou privés (dépendant de l’État ou du secteur associatif) ;

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