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Food for Democracy ?

Le ravitaillement de la France occupée (1914-1919). Herbert Hoover, le blocus les neutres et les Alliés

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Clotilde Druelle-Korn

En octobre 1914, dix départements du nord-est de la France sont en totalité ou partiellement occupés, ils le demeurent jusqu’à l’automne 1918. Leurs deux millions d’habitants se retrouvent isolés du reste du territoire national et leur sort – comme celui des Belges – devient un enjeu entre les belligérants. La guerre économique, décrétée par Paris et Londres dans le but d’épuiser rapidement les Empires centraux, signifie le blocus maritime de la façade continentale de l’Europe du Nord-Ouest. Il concerne toutes les marchandises et les denrées alimentaires. Berlin, en retour, se refuse à nourrir les populations occupées par ses armées et s’engage dans une guerre sous-marine. Dans ce contexte, comment les Français ont-ils assuré leur survie quotidienne pendant quatre années, dépendants d’importations ? Les réponses ont été trouvées de part et d’autre de l’Atlantique dans des archives privées et publiques rarement consultées. Elles mettent en évidence la solution extraordinaire de la Commission for Relief in Belgium (CRB) imaginée par l’ingénieur américain, Herbert Hoover. C’est à cet épisode peu connu de la Grande Guerre qu’est consacré cet ouvrage. Il fait découvrir une diplomatie parallèle impliquant une multitude d’acteurs et de nécessaires négociations entre les belligérants et avec les neutres.

À partir du cas de la France du Nord, cette étude vise à comprendre comment la Grande Guerre a donné naissance aux premières organisations non gouvernementales dévolues au sort des civils occupés. Le conflit inaugure une réflexion sur l’éthique du blocus des denrées et sur l’utilisation de l’arme alimentaire dans le règlement des conflits.

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Chapitre 5. Administrer, protéger et témoigner du ravitaillement depuis la France occupée

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Chapitre 5

Administrer, protéger et témoigner du ravitaillement depuis la France occupée

Introduction

L’expression de France occupée évoque d’abord la Seconde Guerre mondiale. Il n’est pas évident de l’utiliser à propos de la Grande Guerre, alors même qu’il y eut une occupation, laquelle, par certains aspects, ne fut pas moins difficile ni douloureuse à vivre que celle qui débuta en 1940. Environ un million de militaires stationnaient et vivaient dans les Étapes contre quelques dizaines de milliers dans le Gouvernorat de la Belgique. Les faits et les souvenirs de cette présence demeurent vivaces dans le nord de la France. De récents travaux décrivent, analysent et mettent en évidence les facettes culturelles, sociales, militaires de cette occupation, laquelle n’était déjà pas la première. L’opération de la « grande collecte », entamée par le réseau des Archives de France en 2014, exhume sous les yeux de nouveaux publics des écrits du for privé de la période. Les vexations subies par des populations vivant sous le joug quotidien de l’envahisseur, leur isolement, leurs souffrances physiques et morales, les privations, la faim, les actes de courage et les lâchetés y sont sensiblement décrits. Ces documents viennent enrichir un corpus publié depuis les années 1920. Nous y renvoyons les lecteurs et tenons pour acquises ces dimensions vécues1.

Notre propos est autre et se veut complémentaire. Il vise à donner à comprendre...

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