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Femmes et négoce dans les ports européens

Fin du Moyen Âge - XIXe siècle

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Edited By Bernard Michon and Nicole Dufournaud

Fort des acquis de l’historiographie sur le négoce des ports européens de la fin de l’époque médiévale au début de la période contemporaine, l’ambition de ce livre est de faire dialoguer l’histoire portuaire et maritime avec l’histoire des femmes et du genre. La période étudiée permet d’interroger l’ouverture des horizons commerciaux des Européens et l’essor du trafic colonial en rapport avec le rôle des femmes dans les places portuaires. Si, en France, le terme de « négoce » est utilisé dans les sources pratiquement dès le début de l’époque moderne, le mot « négociant » apparaît à la fin du xviie siècle pour désigner la frange supérieure des marchands. Il s’agit par conséquent de mettre en lumière l’accès de certaines femmes au titre de « négociante ».

L’ouvrage regroupe douze textes, portant sur des périodes et des espaces géographiques différents, répartis en deux grands axes. Le premier cherche à mettre en évidence la diversité du travail féminin dans les milieux portuaires européens sur la longue durée, de la marchande à la négociante. Le second s’intéresse aux structures commerciales (sociétés et maisons de commerce) et aux rôles des femmes dans les entreprises familiales, au regard du modèle économique des sociétés préindustrielles.

La finalité de ce livre est de montrer des femmes en capacité d’agir à partir de l’exemple des milieux portuaires, en faisant émerger des figures oubliées de « femmes fortes » qui participent à l’économie française et européenne de la fin du Moyen Âge au xixe siècle.

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Introduction scientifique (Bernard Michon / Nicole Dufournaud)

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Introduction scientifique

Bernard MICHON

Maître de conférences en histoire moderne Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA-EA 1163) Université de Nantes

Nicole DUFOURNAUD

Docteure en histoire moderne Laboratoire de démographie et d’histoire sociale (LaDéHiS) et « Histoire du genre » École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Paris

« Interrogez un historien : avant Mme Francine Gomez [qui dirigea l’entreprise Waterman de 1972 à 1986], combien de femmes d’affaires pourrait-il citer ? ». Telle est l’apostrophe que Serge Chassagne, dans un ouvrage de 1981, lançait en présentant la publication de la correspondance commerciale et financière de Marie-Catherine-Renée Darcel (1737-1822), épouse de Sarrasin de Maraise, entretenue entre 1767 et 1789 avec le célèbre Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), fondateur de la manufacture royale de toiles imprimées de Jouy-en-Josas. Il poursuivait en écrivant que « notamment à la période moderne, l’homme n’a pas toujours dominé sans partage la sphère de production1 » et signalait également la place occupée par des femmes, généralement des veuves, dans les sociétés d’armement ou de négoce portuaires.

Zones de contacts entre des espaces différents, les grands havres de commerce ont joué, au seuil de l’époque moderne, un rôle décisif dans le processus de désenclavement des grandes parties du monde et sont ← 11 | 12 → devenus des espaces majeurs de la mondialisation2. Le départ des hommes pour...

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