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Enjeux postcoloniaux de l’enfance et de la jeunesse

Espace francophone (1945-1980)

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Edited By Yves Denéchère

Si la jeunesse a joué un rôle important dans la construction des empires coloniaux, elle est également un enjeu essentiel des décolonisations et de leurs suites. Au second XXe siècle, les processus d’émancipation des peuples colonisés posent en effet avec force la question sociale et politique de l’enfance et de la jeunesse en contexte colonial et postcolonial, dans les pays devenus indépendants comme chez les anciens colonisateurs. L’intérêt de cet ouvrage est de mettre en avant les biopolitiques spécifiques aux enfants et aux jeunes qui ont émergé dans un ensemble complexe de questions politiques et diplomatiques, économiques et sociales, démographiques et populationnistes, philosophiques et religieuses. À l’instar des Colonial and Postcolonial Studies, il s’agit d’interroger les cultures postcoloniales et les articulations entre décolonisation et colonisation, notamment les prolongements de celle-ci dans celle-là. Pendant la décolonisation des empires français et belge et la construction de nouveaux États, les enfants et les jeunes ont été sujets de politiques voulues ou soutenues par des biopouvoirs et mises en œuvre par des protagonistes divers : armées, associations, humanitaires, colonialistes, nouvelles élites, militants, simples citoyens. Les archives publiques qui reflètent les différentes politiques menées ainsi que les sources écrites et orales d’associations ou d’autres organisations permettent de cerner les rôles d’acteurs non-étatiques. Les paroles, plus ou moins critiques, de celles et de ceux qui sont les premières personnes concernées par cette histoire – c’est-à-dire les enfants et les jeunes eux-mêmes – sont bien entendu également mobilisées.

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Encadrement de la « jeunesse » et service civique national au Sénégal : l’expérience limitée de Savoigne (1960-1968) (Romain Tiquet)

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Encadrement de la « jeunesse » et service civique national au Sénégal : l’expérience limitée de Savoigne (1960-1968)

Romain TIQUETUniversité de Genève, département d’histoire

L’ambition du programme de développement prôné par le régime sénégalais après l’indépendance du pays en août 1960 se tourne avant tout vers la reconstruction économique et sociale du territoire, dans une optique de rupture nette avec la période coloniale. Un premier plan quadriennal est adopté (1961-1964) et prône la promotion des masses rurales, considérées comme les laissés-pour-compte de l’ancien système colonial1. En restaurant la confiance entre les populations rurales et l’État, les autorités sénégalaises comptent alors entamer un nouveau dialogue et pousser les masses à participer à la construction nationale. Dans ce contexte, la jeunesse du pays, qui représente à l’époque près de 60 % de la population totale pour les moins de 25 ans, est sous le feu des projecteurs des autorités2.

Alors que l’historiographie sur les jeunes en Afrique est abondante3, très peu de choses ont été écrites sur le rôle joué par la jeunesse dans la construction nationale des pays africains après les indépendances4. ← 161 | 162 → Ce constat est surprenant quand on sait que la jeunesse des pays d’Afrique de l’Ouest constitue une catégorie idéologique centrale que les autorités souhaitent intégrer et encadrer...

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