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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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Résister à toute univocité réductrice. René Kalisky face à l’État d’Israël (Agnese Silvestri)

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Résister à toute univocité réductrice

René Kalisky face à l’État d’Israël

Agnese SILVESTRI

Université de Salerne (Italie)

Dramaturge belge d’origine juive-polonaise, René Kalisky appartient à la lignée des auteurs qui s’interrogent sur leur judéité. Pourtant, plus qu’une investigation sur ses propres origines ou sur son rapport à ses ascendances juives, sa quête – qui n’a d’ailleurs jamais pris des formes explicitement autobiographiques1 – consiste en une réflexion plus générale sur l’identité juive. Bien que laïc et souvent très critique à l’égard de nombreux aspects de la tradition juive, Kalisky n’a pas adopté une attitude de refus envers sa judéité. Au contraire, il l’a assumée avec conviction, en s’interrogeant sur la signification historique du legs dont il était détenteur. On aurait toutefois du mal à retrouver chez lui ces dynamiques ostentatoires et victimaires qu’Alain Finkielkraut décrit avec tant d’ironie pour la génération d’après le génocide2. Son appartenance belge, ainsi que sa biographie l’en ont protégé, Kalisky ayant été personnellement atteint par la catastrophe nazie : enfant caché pendant l’occupation allemande de la Belgique, il a survécu à la Shoah, mais son père est mort à Auschwitz. Marqué par les drames du XXe siècle, Kalisky a fait du questionnement de l’Histoire le noyau propulsif de son œuvre, où l’on voit notamment défiler Trotski, Mussolini, Hitler ou Moshe Dayan. Sa méditation sur l’identité juive correspond...

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