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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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Egmont(s) sur scène. Parcours(s) identitaire(s) autour de la pérennité d’un mythe belge (Claudia Bianco)

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Egmont(s) sur scène

Parcours(s) identitaire(s) autour de la pérennité d’un mythe belge

Claudia BIANCO

Université de Strasbourg (France)

Cher prince, ô Taiseux, tu t’étonnes de cette survie, conférée à toi qui n’attendais d’autre gloire que de Dieu,

en ce pays mutilé qui repoussa ton offre de liberté et préféra de cruelles servitudes.

Ton image devrait s’élever très haut, comme un remords, comme un tombeau où git un grand rêve péri.1

Peu de personnages historiques frappent autant l’imagination que les comtes d’Egmont et de Hornes. Chevaliers de l’Ordre de la Toison d’Or, chefs d’armée et, en tant que gouverneurs des XVII Provinces, au service de Charles Quint puis de Philippe II, ainsi que membres du Conseil d’État des Pays Bas, ces deux nobles du XVIe siècle furent accusés de crime de lèse-majesté, de rébellion et de complicité de conspiration sous Philippe II. Condamnés à mort, de manière très arbitraire, par le Duc d’Albe, ils furent décapités le 5 juin 1568 sur la Grand-Place de Bruxelles.

Voilà les faits historiques, mais l’Histoire, cette histoire, va bientôt devenir un mythe. Car, comme l’a dit Marc Quaghebeur, « l’évocation des XV et XVIe siècles, tient en Belgique une position privilégiée dans le corpus littéraire francophone des deux...

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