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Sagesse et résistance dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Après avoir abordé les modalités des relations entre Violence et Vérité dans les littératures francophones, ce volume s’attache à des formes littéraires de Résistance. Celles-ci entendent souvent dépasser les réponses purement violentes et manifester ainsi leur refus de l’assujettissement, par des Sagesses – répliques souvent plus subtiles à la barbarie et à la domination. Elles circonviennent beaucoup mieux l’adversaire, comme le « sujet supposé savoir » dont parlent les psychanalystes. Ce parcours se fait au travers de textes francophones venus de latitudes très diverses : du Vietnam au Liban, du Maghreb à l’Afrique centrale, de la Suisse et de la Belgique aux Amériques. Ce faisant, c’est à un florilège d’esthétiques diverses que se voit convié le lecteur. Ce livre touche en effet aussi bien au symbolisme qu’à la postmodernité, en passant par les grandes voix du Maghreb ou des Antilles dans le contexte du dernier demi-siècle. Le propos ne s’organise pas pour autant en fonction des aires géographiques. Il montre que les soi-disant opacités francophones, leurs poét(h)iques, leurs hybridations ou leurs chemins de traverse constituent toujours des réponses à des situations historiques. Elles sont, qui plus est, très révélatrices de la dynamique du système franco-francophone. Trente-cinq études, pour ce faire, et qui font saisir de près le fait que ces œuvres sont loin d’être périphériques.

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La sagesse impérieuse de Khaïr-Eddine « Heureux celui qui, comme l’Ecclésiaste, est revenu de tout » (Abderrahmane Ajbour)

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La sagesse impérieuse de Khaïr-Eddine

« Heureux celui qui, comme l’Ecclésiaste, est revenu de tout »

Abderrahmane AJBOUR

Faculté des Lettres de l’Université d’El Jadida (Maroc)

Plein de mérites, mais en poète, l’homme habite sur cette terre

Friedrich Hölderlin

« Heureux celui qui, comme l’Ecclésiaste, est revenu de tout » est une phrase posthume de Mohammed Khaïr-Eddine. Elle est le mot de la fin d’Il était une fois un vieux couple heureux1, récit qui raconte l’histoire du personnage appelé Bouchaïb.

Après des années d’exil dans le nord du Maroc (El Jadida) et en Europe, Bouchaïb choisit de finir ses jours dans son village natal au sud du pays. Vivant avec sa femme et sans descendance, dans une demeure traditionnelle, le « Vieux » passe son temps à profiter pleinement des plaisirs de la vie et à écrire de la poésie2. Une poésie dont le sujet central est l’histoire d’un saint mystérieux qui avait fait la guerre en Inde, où il a failli être tué. Il eut la vie sauve grâce à ses actes de guérison sur certains malades.

En une trentaine de courts chapitres, Khaïr-Eddine s’applique à décrire avec détails et précisions la vie simple et modeste de ce couple « heureux » dans un environnement apaisé, après tant d’années d’agitation. Il met en scène un sage...

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