Show Less
Restricted access

L'Art d'enseigner

Précis de didactique

Marc Romainville

Coménius jette, en 1657, les fondements de la didactique. Ambitieux, il promet à ses lecteurs un « art universel de tout enseigner à tous ». Une foule bigarrée de successeurs, acquis à cette noble cause, apportent ensuite leur pierre à l’édifice, qu’il s’agisse de philosophes, de pédagogues ou, à partir du développement des sciences humaines, de chercheurs en éducation, en psychologie et en didactiques spécialisées.

La moisson a été abondante ; elle peut donner le tournis à l’enseignant du XXIe siècle qui chercherait, en peu de temps, à en tirer les principales leçons. Cet ouvrage a l’objectif de l’y aider : il se propose de ramasser – dans un langage clair, direct et dénué de jargon inutile – l’essentiel de ce que la florissante littérature didactique peut apporter à l’enseignant d’aujourd’hui pour la conduite efficace de ses enseignements. Pour alléger le propos et s’assurer de leur réalisme, de nombreux exemples et illustrations jalonnent la réflexion, l’humour n’étant pas exclu à titre d’assouplissant didactique.

L’ouvrage est articulé autour des principales composantes de l’Art d’enseigner : comment alimenter la soif d’apprendre des élèves ? Définir et annoncer des visées claires d’acquisition ? Bâtir les enseignements sur le déjà-là ? Apprêter les savoirs pour les rendre enseignables, sans les déformer ? Choisir la méthode adéquate ? S’assurer que la cible est atteinte et corriger le tir au besoin ? Gérer la discipline et installer son autorité de maître, au sens de celui qui a la responsabilité de faire apprendre ?

Show Summary Details
Restricted access

Notes

Extract



Introduction

1. La figure du pédagogue fumeux, incapable de tirer de son obscure réflexion la moindre piste utile à son action, traverse les époques. Pour ne prendre qu’un exemple, le père Simon, le vieux maître de La guerre des boutons de 1912, se méprend totalement sur l’origine assez triviale de l’enthousiasme de ses élèves et échafaude des hypothèses biscornues, alors qu’ils se réjouissent simplement d’avoir trouvé des friandises : « Brave homme qui ne soupçonnait guère les causes occultes et profondes de la joie de ses élèves et, le cerveau farci de pédagogies fumeuses, cherchait midi à quatorze heures ». Cité dans Guillemette Tison, Le roman de l’école au XIXe siècle, Paris, Belin, 2004, p. 30.

2. Soyons de bon compte, Jean-Jacques Rousseau en a éprouvé d’authentiques (?) remords : « Il n’y a ni pauvreté, ni travaux, ni respect humain, qui le [le père] dispensent de nourrir ses enfants et de les élever lui-même. Lecteurs, vous pouvez m’en croire. Je prédis à quiconque a des entrailles et néglige de si saints devoirs, qu’il versera longtemps sur sa faute des larmes amères, et n’en sera jamais consolé » (Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Paris, Garnier-Flammarion, 1966 [1762], p. 52). L’Émile est, à sa façon et même si telle n’était pas l’intention première de l’auteur, un remarquable traité d’éducation, Rousseau dissertant sur les modalités les plus appropriées...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.