Show Less
Restricted access

L'Art d'enseigner

Précis de didactique

Marc Romainville

Coménius jette, en 1657, les fondements de la didactique. Ambitieux, il promet à ses lecteurs un « art universel de tout enseigner à tous ». Une foule bigarrée de successeurs, acquis à cette noble cause, apportent ensuite leur pierre à l’édifice, qu’il s’agisse de philosophes, de pédagogues ou, à partir du développement des sciences humaines, de chercheurs en éducation, en psychologie et en didactiques spécialisées.

La moisson a été abondante ; elle peut donner le tournis à l’enseignant du XXIe siècle qui chercherait, en peu de temps, à en tirer les principales leçons. Cet ouvrage a l’objectif de l’y aider : il se propose de ramasser – dans un langage clair, direct et dénué de jargon inutile – l’essentiel de ce que la florissante littérature didactique peut apporter à l’enseignant d’aujourd’hui pour la conduite efficace de ses enseignements. Pour alléger le propos et s’assurer de leur réalisme, de nombreux exemples et illustrations jalonnent la réflexion, l’humour n’étant pas exclu à titre d’assouplissant didactique.

L’ouvrage est articulé autour des principales composantes de l’Art d’enseigner : comment alimenter la soif d’apprendre des élèves ? Définir et annoncer des visées claires d’acquisition ? Bâtir les enseignements sur le déjà-là ? Apprêter les savoirs pour les rendre enseignables, sans les déformer ? Choisir la méthode adéquate ? S’assurer que la cible est atteinte et corriger le tir au besoin ? Gérer la discipline et installer son autorité de maître, au sens de celui qui a la responsabilité de faire apprendre ?

Show Summary Details
Restricted access

Chapitre 2. Savoir où l’on va et l’annoncer

Extract

← 56 | 57 →

CHAPITRE 2

Savoir où l’on va et l’annoncer

Le sage qui sait où il veut aller a davantage de chances d’y arriver que le sot qui l’ignore.

Vieux proverbe chinois

Les soi-disant vieux proverbes chinois sont souvent appelés lâchement à la rescousse pour asséner des évidences et enfoncer des portes ouvertes. Celui qui ouvre ce chapitre n’échappe pas à la règle. Il énonce pourtant l’une des bases les plus essentielles de la didactique, dont l’importance n’a d’égal que sa trivialité. Enseigner revient à faire apprendre quelque chose à des élèves. Si je n’ai pas une idée très claire de ce quelque chose – c’est-à-dire de la différence qui devrait exister entre ce que les élève savent et savent faire avant qu’ils ne bénéficient de mon enseignement et ce qu’ils savent et savent faire après celui-ci –, l’ensemble de mon édifice didactique s’écroule comme un château de cartes. Ainsi, comment juger de la pertinence d’une méthode si je ne connais pas précisément le but à atteindre ? Comment baliser le chemin des élèves si je ne sais pas trop où il est censé mener ? Et, en bout de course, comment évaluer les élèves si je n’ai pas une idée très claire des objectifs dont je dois mesurer l’atteinte ?

Un rien excédé, le lecteur pourrait me rétorquer qu’il s’agit l...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.