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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Julie Babin: La « dispute » des extraits et la mise en circulation de l’œuvre intégrale en classe de français : le discours des principaux acteurs (1969–1984)

La « dispute » des extraits et la mise en circulation de l’œuvre intégrale en classe de français : le discours des principaux acteurs (1969–1984)

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Julie Babin,Université de Sherbrooke (Canada)

Se sont multipliés dans les dernières années des travaux sur l’enseignement de la lecture d’œuvres littéraires complètes – imposée au secondaire dans le curriculum de divers pays francophones (Dezutter, 2005 ; Renard, 2011 ; Waszak & Dufays, 2015). Pourtant, suivant la tradition initiée par l’étude du latin (Bréal, 1872), l’extrait d’œuvre est demeuré le matériau principalement en usage pour apprendre à lire la littérature en France (Waszak & Dufays, 2015) jusque dans les années 1960, voire 19701. La parution des éditions de poche démocratise alors l’achat des œuvres complètes (Chartier & Hébrard, 2000), favorise la lecture personnelle (Arnaud, 1970) et offre aux enseignants la possibilité d’imposer à tous les élèves une même lecture intégrale plutôt qu’un travail sur des morceaux choisis.

Dans la foulée des bouleversements sociaux qui ont suivi dans les années 1960, des rénovations curriculaires et diverses réflexions sur l’enseignement du français et de la littérature ont plus tard mené enseignants, formateurs, universitaires, instances gouvernementales, groupes de travail, parents ou écrivains à prendre position, notamment, sur la nature et le contenu des textes à faire lire en classe tout au long de la scolarité obligatoire. Et dans la mesure où « les façons de lire dépendent ←39 | 40→étroitement des textes » (Renard, 2011 : 144), le format des textes prescrits pour la classe de français a engag...

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