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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Christophe Ronveaux, Luísa Álvares Pereira, Marie-Manuelle Da Silva, Ana Soares Ferreira: Enseigner la langue première par l’extrait. Comparaison des pratiques d’enseignement contemporaines en Suisse et au Portugal64

Enseigner la langue première par l’extrait. Comparaison des pratiques d’enseignement contemporaines en Suisse et au Portugal1

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Christophe Ronveaux,Université de Genève (Suisse)Luísa Álvares Pereira,Université d’Aveiro (Portugal)Marie-Manuelle da Silva,Université du Minho (Portugal)Ana Soares Ferreira,Université d’Aveiro (Portugal)

La notion de « texte », comme unité de communication, pourvue d’un projet d’influence, fixé dans une forme générique identifiable et contraignante, était au cœur des débats qui ont nourri les réformes de l’enseignement de la langue première un peu partout dans le monde (Schneuwly & Cordeiro, 2016 ; Bronckart, 2008 et l’article de Denizot dans cet ouvrage). Dans certains pays, dont la Suisse, la notion de texte est le principe organisateur du plan d’études. Qu’en est-il aujourd’hui dans les classes ? Dans quelle mesure la notion de texte est-elle le principe organisateur de la discipline en exercice ? Les analyses de pratiques ordinaires attestent que la notion de texte, telle que définie ci-dessus, n’est pas en usage dans les classes (Ronveaux, 2012). Plus précisément, ce que les enseignants considèrent comme « texte » correspond à une suite linguistique extraite d’une entité plus globale. Le bornage de cette unité de travail, le « support de lecture », est le plus souvent thématique ←95 | 96→et correspond aux savoirs en usage. Les enseignants construisent le plus souvent leur séquence par des assemblages raisonnés de ces « textes-supports » à partir de sources multiples qui excèdent de loin les manuels. Nous examinons les variations des usages de ces supports-textes, parfois extraits, parfois textes reconstitués ou textes intégraux, dans les...

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