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L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire

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Edited By Anissa Belhadjin and Laetitia Perret

Pour Barthes, « La littérature, c’est ce qui s’enseigne, un point c’est tout » : le lien entre l’école et la fabrication du littéraire semble indissociable. C’est pour tenter de comprendre comment la littérature s’est constituée comme objet scolaire que le réseau Helice (Histoire de l’Enseignement de la Littérature, Comparaison Européenne), composé d’une vingtaine de chercheurs de pays européens ou du Québec, a été créé en 2010.

Les travaux du groupe s’organisent à partir de plusieurs approches (didactique, historique et comparatiste) dont l’intérêt est de dé-naturaliser la relation qui existe entre la littérature et l’école et d’interroger l’enseignement d’une discipline qui semble souvent aller de soi.

Après la fable et la lettre, le groupe Helice s’attache maintenant à étudier l’extrait appréhendé comme un objet susceptible de rendre compte des processus de scolarisation de la littérature.

Dans cet ouvrage, les chercheurs d’Helice ont étudié la façon dont l’œuvre littéraire est scolarisée sous la forme particulière de l’extrait, qui en retour fabrique la littérature de l’école. Le premier chapitre étudie l’émergence de l’extrait au fil du temps et son usage, indissociable de sa relation avec l’œuvre dont il provient. Le deuxième chapitre envisage de manière comparatiste les usages de l’extrait dans la formation du lecteur et du scripteur, dans différents pays et segments scolaires, à différents moments, voire dans différents contextes disciplinaires. Le troisième chapitre analyse comment les œuvres de plusieurs grands auteurs patrimoniaux sont lues à l’école.

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Anissa Belhadjin, Marie-France Bishop, Maryse Lopez: Lire Les Misérables de Victor Hugo dans l’enseignement primaire et l’enseignement professionnel en France depuis 1945

Lire Les Misérables de Victor Hugo dans

l’enseignement primaire et l’enseignement

professionnel en France depuis 1945

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Anissa Belhadjin, Marie-France Bishop, Maryse Lopez,Université de Cergy-Pontoise (France)

Tout le monde connait le roman de Victor Hugo, Les Misérables, et ses personnages remarquables, Cosette, Jean Valjean, Gavroche. Cependant, qui se souvient que Jean Valjean termine sa vie comme un pauvre vieillard abandonné ? Qu’il se considère indigne de Marius et lui abandonne humblement le soin de Cosette, laquelle, tout à son amour pour Marius s’aperçoit à peine de la disparition de son père adoptif ? Qui se rappelle que Gavroche, l’enfant sublime, est le fils des horribles Thénardier ? Que Javert se suicide après avoir été sauvé par Valjean, alias Madeleine, alias Fauchelevent ? Qui se remémore Enjolras, magnifique figure de révolutionnaire républicain ? Éponine, la fille perdue qui meurt d’amour pour Marius ? Qui garde en mémoire le long passage sur Waterloo ou celui sur les égouts de Paris ?

Cette œuvre majeure de la littérature populaire présente un caractère paradoxal : connue de tous ou presque, elle est cependant très peu lue dans son intégralité. C’est cette présence constante mais déformée dans la mémoire collective que nous avons tenté d’interroger dans cette étude. Car c’est une expérience surprenante de (re) lire Les Misérables en travaillant sur l’extrait, tant l’œuvre est fondamentalement différente de celle que les extraits recomposent par les différentes opérations du « système des extraits » (Kuentz, 1972). Nous voudrions ici analyser plus précisément...

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