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Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

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Conclusion. La fidélité, un marqueur politique contre-révolutionnaire ? (Paul Chopelin / Bruno Dumons)

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Conclusion

La fidélité, un marqueur politique contre-révolutionnaire ?

Paul CHOPELIN et Bruno DUMONS

À travers un long XIXe siècle, les études réunies ici ont apporté plusieurs éclairages nationaux, voire transnationaux, sur les différents modes de transmission, culturels et sociaux, d’une « fidélité en politique ». Parce qu’elle est avant tout un héritage, cette fidélité est défendue et illustrée à travers l’histoire, pour conforter l’engagement des nouvelles générations contre-révolutionnaires1. Elle est érigée en vertu politique supérieure, reflétant la constance et la loyauté à un idéal dans un monde en perpétuels soubresauts. Expression temporelle de la fidélité religieuse, dans le cadre d’une lecture providentialiste de l’histoire, elle apparaît comme une forme de refus de la sécularisation du politique. En mettant en avant les principes de liberté et de d’égalité, en défendant la primauté de la loi civile et la pratique du scrutin électoral, les révolutions des XVIIIe-XIXe siècles ont réduit la fidélité au rang de vertu privée, alors qu’elle était l’un des principes fondamentaux de l’organisation des sociétés occidentales dites d’Ancien Régime. Distincte du clientélisme, elle reflétait une relation sociale asymétrique que l’historien Yves Durand présente « comme un lien très fort entre deux individus pouvant aller jusqu’au dévouement absolu, jusqu’à la mort du fidèle pour son maître, de la...

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