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Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

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Éloge de la fidélité dynastique en temps de révolutions. Edmond Biré (1829-1907) et la contre-histoire royaliste au début de la Troisième République (Paul Chopelin)

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Éloge de la fidélité dynastique en temps de révolutions.

Edmond Biré (1829-1907) et la contre-histoire royaliste au début de la Troisième République

Paul CHOPELIN

Je suis de ceux, et je ne m’en cache pas, qui, mécontents du présent, peu confiants dans l’avenir, aiment à revivre les jours d’autrefois.1

Edmond Biré est né à Luçon le 13 mars 1829, dans une famille de sensibilité royaliste légitimiste. Héritant de l’office notarial paternel, son frère aîné, Alfred (1826-1897), est sénateur monarchiste de Vendée de 1887 à 18972. Edmond a été quant à lui élève du collège royal de Poitiers, avant d’entreprendre des études de droit à Paris de 1847 à 1852. Témoin des événements de 1848, il publie son premier article politique dans le journal légitimiste La Mode pour tourner en ridicule Jules Michelet, présenté comme le prophète incompris de la République3. En mai 1853 a lieu la rencontre décisive avec le célèbre critique littéraire Armand de Pontmartin (1811-1890), qui lui permet de publier régulièrement dans les colonnes du journal légitimiste L’Assemblée Nationale. Devenu avocat, il s’inscrit au barreau de Nantes en 1854, avant d’être nommé, en 1859, secrétaire de la Chambre de commerce de cette même ville. Il continue de soutenir l’opposition légitimiste, notamment par l’écriture de chansons satiriques dirigées...

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