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Transmettre une fidélité

La Contre-Révolution et les usages du passé (France, Espagne, Italie ‒ XIXe-XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Paul Chopelin

Ce volume collectif interroge les modalités d’élaboration, de diffusion et de perception des souvenirs historiques dans les milieux contre-révolutionnaires français, italiens et espagnols à l’époque contemporaine. Si la tradition historiographique contre-révolutionnaire, en tant que système de pensée, est aujourd’hui assez bien connue, elle ne doit pas dissimuler la multiplicité des usages militants du passé, à l’échelle individuelle ou collective. Pour ne pas rompre le « fil de l’histoire » et transmettre le flambeau aux nouvelles générations, les contre-révolutionnaires ont tout à la fois exalté la légitimité historique des princes et valorisé le comportement exemplaire de ceux qui ont su leur rester fidèles dans l’adversité. La construction de généalogies, d’armoriaux ou d’histoires familiales permet de conjurer la rupture révolutionnaire ou « l’usurpation » dynastique, tandis que les pèlerinages, auprès des princes en exil, sur des tombeaux ou sur des sites de bataille, se doublent souvent d’une collecte de souvenirs et de reliques. Les contributions réunies dans ce volume témoignent de l’émergence, à l’échelle européenne, d’une véritable contre-culture historique, fondée sur la célébration de la fidélité, érigée en vertu politique fondamentale face à « l’opportunisme libéral » et à la « subversion révolutionnaire ». Tout autant qu’aux supports – livres, monuments ou musées –, une grande attention a été portée aux acteurs de cette « histoire en blanc », leurs circulations et leur insertion dans les réseaux contre-révolutionnaires de leur temps.

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Transmettre une fidélité à l’Action Française au XXe siècle ? (Olivier Dard)

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Transmettre une fidélité à l’Action Française au XXe siècle ?

Olivier DARD

Choisir de traiter de l’Action Française (AF) pour une journée d’études intitulée : « Transmettre une fidélité. La fabrique contre-révolutionnaire du passé » ne va nullement de soi. D’abord, parce que l’AF ne s’inscrit ni directement ni surtout exclusivement dans un héritage contre-révolutionnaire, devant en effet beaucoup au nationalisme français tel qu’il s’est forgé à l’occasion de la crise boulangiste. Ensuite, parce que l’AF maurrassienne des origines a entendu rompre avec le vieux royalisme et se projeter dans l’avenir. De fait, pour les promoteurs de l’Enquête sur la monarchie et les chantres du « nationalisme intégral », le rétablissement de la royauté n’est pas considéré comme une idée périmée mais au contraire comme un projet d’avenir. Qu’en est-il pour les partisans actuels de la monarchie ? Des éléments de réponses figurent dans un document instructif à bien des égards, le Livre blanc du royalisme. Né d’une idée de Gérard Leclerc, établi en 2009, il est le produit d’une consultation lancée en 2007 par le Groupe de Liaison Royaliste qui a recueilli 1 737 réponses1. Prolongeant un panorama établi deux décennies plus tôt par Patrick Louis, en collaboration avec François-Martin Fleutot2, il donne à voir un milieu royaliste éclaté. Deux structures, d’inspiration directement maurrassienne (le Centre royaliste d’Action Française – CRAF – et la Restauration...

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