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Un dénuement fastueux

Les œuvres d’art dans les chartreuses médiévales

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Cristina Dagalita

En 1385, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi fonde la chartreuse de Champmol, près de Dijon. Les œuvres somptueuses réalisées pour ce monastère reflètent-elles la spiritualité des chartreux ? Cet ouvrage propose un regard transversal sur l’art produit pour les moines chartreux au cours du Moyen Âge. Il analyse la manière dont ceux-ci envisageaient la création artistique, d’après le témoignage de leurs textes normatifs ou mystiques. Peut-on dire qu’il y a eu un « art chartreux » ? La présent livre explore les mécanismes de la commande artistique en se plaçant du point de vue d’un ordre placé sous le sceau de l’austérité, mais destinataire de nombreuses œuvres d’art.

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Conclusion générale

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Les monastères des chartreux, au départ isolés et austères, en sont venus à accueillir certaines des œuvres d’art les plus admirées du Moyen Âge. L’importance acquise par le décor dans un environnement qui, en principe, en était dépourvu, semble paradoxale. Au début du XIIe siècle, les premiers textes décrivant les usages des moines de la chartreuse fondée par Bruno de Cologne, en 1084, installés tels des ermites dans des cellules individuelles, ne mentionnent aucun ornement dans ce cadre. Tout au plus, les Coutumes de Chartreuse rédigées par Guigues Ier, prieur de 1109 à 1136, et le passage relatif à ce couvent dans l’Autobiographie de Guibert de Nogent, précisent-­ils que, dans l’église, les seuls objets en or et en argent étaient le calice et le chalumeau, deux ustensiles liturgiques en contact avec le vin eucharistique. Guibert de Nogent met en avant les conditions difficiles de l’existence de ces moines et leur pauvreté, conforme à l’idéal de la réforme monastique des XIe-­XIIe siècles, à l’exception de leur bibliothèque, déjà riche.

L’ordre des chartreux a été institué en 1155, après l’augmentation du nombre de communautés établies sur ce modèle et de la distance à laquelle elles se trouvaient par rapport à la maison-­mère. Dans les écrits normatifs de l’ordre, les références aux œuvres d’art demeurent absentes jusqu’en 1261, lorsqu’il est question d’enlever les peintures murales « étranges...

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