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D’ennemi à allié

L’adhésion de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque à l’Alliance atlantique (1989-1999)

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Amélie Zima

Moins de dix ans après la dissolution du pacte de Varsovie, trois pays postcommunistes, la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, deviennent membres de l’OTAN. Comment expliquer ce passage du statut d’ennemi à celui d’allié ? En analysant la rénovation institutionnelle de l’Alliance atlantique, et plus particulièrement le bricolage institutionnel qui entoure la fabrique d’un processus de négociations, et les usages politiques de l’histoire qui émaillent les relations entre l’OTAN, les pays d’Europe centrale et la Russie, cet ouvrage apporte des clés d’analyse renouvelées sur le premier élargissement post-guerre froide. Il déconstruit de ce fait des étiquettes en montrant que l’atlantisme des pays d’Europe centrale a été une construction politique qui résulte tant de jeux politiques nationaux que des passés douloureux, et montre également que l’OTAN n’a pas été réellement une institution socialisatrice.

Fondé sur un corpus inédit d’entretiens conduits avec des hommes politiques et des diplomates hongrois, polonais et tchèques, ce livre éclaire sous un nouveau jour les dynamiques postcommunistes. À l’heure où la politique d’élargissement de l’OTAN connaît un certain ralentissement, où la dimension libérale de l’Alliance est questionnée par l’autoritarisme de certains membres, et, où la relation entre l’espace euro-atlantique et la Russie est conflictuelle, il est utile de revenir sur la décennie fondamentale des années 1990 qui a façonné le monde d’après-guerre froide et a posé les bases du nouvel ordre européen.

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Chapitre 5 : L’instauration du contrôle civil démocratique sur le militaire et la modernisation des forces armées

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Chapitre 5

L’instauration du contrôle civil démocratique sur le militaire et la modernisation des forces armées

Avant l’entrée officielle dans l’OTAN, les trois États invités devaient accomplir des tâches politiques et militaires. Ils s’engageaient à respecter les principes de l’Étude sur l’élargissement, à adapter leurs corpus législatifs aux textes de l’OTAN et à leurs futurs devoirs d’allié et à contribuer au budget de l’Alliance proportionnellement à leur PIB. L’adhésion supposait aussi la formation de personnels aptes à traiter les informations classifiées, l’apprentissage des langues officielles de l’organisation, ainsi que le détachement de personnels au siège de l’Alliance.

Si les pays invités devaient respecter les principes démocratiques et libéraux de l’Étude sur l’élargissement, l’OTAN ne mit pas en place de politique pour accompagner le processus de démocratisation. Aucun chapitre des négociations ni aucune démarche entreprise par l’OTAN ne portait sur les conditions de la transition démocratique. Par ailleurs les pays d’Europe centrale faisaient partie de plusieurs organisations internationales et régionales et étaient engagés dans de multiples processus d’adhésions qui prônaient tous les mêmes valeurs et normes. Définir la part de l’OTAN, des critères de Copenhague de l’UE ou de la Charte de l’OSCE dans leur acceptation relève d’une certaine gageure. De plus il existe une certaine difficulté à saisir les ressorts de la socialisation, entendue comme un processus par lequel les membres...

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