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Libéralisme et protectionnisme

Economie politique des relations internationales

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Edited By André Tiran and Dimitri Uzunidis

Le débat « libéralisme / protectionnisme » retrouve aujourd’hui tout son intérêt dans plusieurs domaines, tels la politique commerciale, le droit de la concurrence, les aides étatiques, la protection des travailleurs ou encore la politique de l’immigration. Le libéralisme associé au libre-échange, qui paraissait être une politique incontestable, soutenue par la plupart des économistes, s’est retrouvé la cible de nombreuses critiques. Le protectionnisme, de son côté, couplé à une politique mercantiliste, est apparu dans un certain nombre de pays comme une stratégie efficace pour assurer le développement économique. La compétitivité des grandes économies a semblé dépendre de l’ouverture sélective au commerce et aux investissements internationaux : c’est le cas des États-Unis, de la Chine, mais également d’autres pays d’Asie, et parfois même de l’Europe. Les auteurs de cet ouvrage remettent en cause la vision univoque et simpliste du protectionnisme et des politiques mercantilistes. La discussion est particulièrement focalisée sur la validité universelle du libre-échange et des origines historiques du protectionnisme ainsi que sur les théories économiques et des politiques étatiques menées du XVIe au XXIe siècle. Ils s’intéressent aussi bien à l’économie qu’à la logique de puissance et de renforcement de l’État.

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Chapitre 7. Jean-Baptiste Say (1767-1832) et l’intervention de l’État : le commerce international, les crises et le développement économique (José M. Menudo)

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Chapitre 7

Jean-Baptiste Say (1767-1832) et l’intervention de l’État : le commerce international, les crises et le développement économique

José M. Menudo

En 1803, Say examine les relations commerciales entre l’Angleterre et le Brésil. Le pays sud-américain ne peut qu’acheter des produits anglais s’il est capable de vendre des produits en Angleterre pour obtenir les livres sterling. À partir de là, Say avance un ensemble d’idées quand il analyse les relations entre la production et la demande de biens. Elles seraient toutes réduites à la maxime : « L’offre crée sa propre demande. » Peu de devises économiques ont eu une si grande influence sociale. Mais ce n’est pas seulement une question publicitaire. Plusieurs doctrines fondamentales de la théorie économique classique et néoclassique sont fondées sur cette affirmation, nommée la loi des débouchés. Par exemple, le fait qu’une crise générale ne peut pas exister pour l’ensemble de l’économie ou que c’est par l’épargne que la richesse d’une nation peut augmenter. Par conséquent, Jean-Baptiste Say est généralement considéré comme quelqu’un qui affirme que le marché garantit le bien-être économique si on permet aux individus de chercher leur propre intérêt (Sechrest, 1999). C’est vrai que les avantages de la non-intervention de l’État dans l’économie et les arguments contre les dépenses du gouvernement se trouvent de façon récurrente chez Say (Tiran, 2007). Mais peut-on...

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