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Cinéphilies et sériephilies 2.0

Les nouvelles formes d’attachement aux images

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Edited By Mélanie Boissonneau and Laurent Jullier

Enfin ! Depuis l’avènement d’Internet, les 99,9% d’amoureux des films et des séries qui n’exercent pas la profession de critique peuvent se faire entendre... Mieux, ils peuvent passer sans effort de la position devant à la position depuis : s’asseoir devant un écran et s’exprimer depuis un écran sont en effet devenus deux attitudes communes. Les films et les séries arrivent sur les terminaux domestiques ; tout de suite après et quelquefois même pendant leur diffusion, les avis et les analyses partent en sens inverse. Une autre nouveauté consiste en la diversification de la parole critique, confinée jusqu’ici à l’écrit ou aux conversations éphémères. Internet et la démocratisation des machines qui accompagne son essor ajoutent aux mots toutes sortes d’images, de sons et de manipulations audiovisuelles, laissant là encore loin derrière le modèle séculaire du critique professionnel écrivant son papier.

Comment étudier ces bouleversements ? Comment réagir devant l’abondance des critiques postées, la variété de leurs formes d’expression, l’interactivité qu’elles engendrent, sans parler du rapport à la professionnalisation qu’entretiennent leurs auteurs, surtout quand ils atteignent le statut de « vlogueur » vedette ? Une seule manière possible : l’interdisciplinarité. Le présent ouvrage réunit donc les contributions de spécialistes en provenance de champs divers (sociologie, Gender et Cultural Studies, Sciences de l’information-communication, etc.), sans oublier les acteurs les plus en vue de cette révolution de la parole critique, les « vlogueurs ».

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Benjamin Campion: La critique sérielle à l’ère du trop-plein télévisuel : « Tu n’as rien vu à Hollywood »

La critique sérielle à l’ère du trop-plein télévisuel : « Tu n’as rien vu à Hollywood »

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Benjamin CampionUniversité Le Havre Normandie

Le nombre de séries originales diffusées aux États-Unis a plus que doublé en six ans : de 216 en 2010, il est passé à 455 en 2016 (en ne comptant que les séries de prime time en langue anglaise diffusées sur les networks, le câble et la SVOD, hors rediffusion). Sur le câble américain, seules 29 séries étaient diffusées en 2000 ; on en a recensé 181 en 2016. Concernant la SVOD (ou vidéo à la demande par abonnement), Netflix à lui seul devrait fournir à ses abonnés dans les 1 000 heures de contenu original cette année, ce qui équivaut à 41 jours non-stop passés devant son écran d’ordinateur, sa tablette voire son smartphone pour les plus nomades des sériephiles. Une dernière donnée chiffrée : regarder une saison entière de série par jour (week-ends et jours fériés inclus) n’aurait pas suffi, en 2016, à absorber toute la production sérielle américaine : pour y parvenir, il aurait fallu s’y mettre à plusieurs et se relayer tels les corbeaux de la Garde de Nuit voués à protéger la frontière Nord des Sept Couronnes…

Paradoxalement, le volume global des séries américaines n’a pas véritablement explosé depuis les années 1950, à une époque où chaque saison d’une série d’ABC, de NBC ou de CBS pouvait aisément atteindre les 39 épisodes (un nombre aujourd’hui inenvisageable en...

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