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Déracinés, exilés, rapatriés?

Fins d’empires coloniaux et migrations

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Edited By Olivier Dard and Anne Dulphy

Déracinés, exilés, rapatriés, ces trois termes sont des marqueurs importants de la mémoire collective dans la France du second vingtième siècle où ils sont particulièrement associés à la fin de l’empire colonial français. Nombre d’images, comme la photographie illustrant ce livre, ont marqué les esprits. Pourtant, pour emblématique qu’il soit, le cas des centaines de milliers de rapatriés d’Algérie de l’été 1962 est loin d’être unique. Cet ouvrage aborde ainsi nombre de migrations consécutives à la fin des empires coloniaux. Privilégiée jusqu’ici, l’échelle nationale – les anciennes métropoles vers lesquelles se sont dirigés les flux formés des « rapatriés » d’origine européenne mais aussi, dans une moindre mesure, de populations dites à l’époque « indigènes » – n’y est pas la seule prise en compte. Car ces « déracinés » ont pu opter pour d’autres pays européens, l’Espagne comme l’Italie, ou gagner les Amériques pour s’installer au Canada ou en Argentine. C’est donc au prisme d’une perspective comparative et transnationale que sont prises en compte les fins d’empire et le sort, fort divers, des populations qu’elles concernent.

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Katia Khemache: Le Lot-et-Garonne, terre d’exil et d’ancrage pour les harkis

Le Lot-et-Garonne, terre d’exil et d’ancrage

pour les harkis

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Katia Khemache

docteure en histoire

Il y a cinquante-sept ans, des émissaires de l’État français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne signaient le 18 mars les Accords d’Évian, marquant la fin de la guerre d’Algérie. Mais l’ordre de cessez-le-feu pour le 19 mars resta lettre morte.

Dans l’immédiat après-guerre se succèdent meurtres, enlèvements de civils, destructions de biens dans une Algérie en proie à un véritable chaos. Les harkis font partie des victimes de ce que l’historien Guy Pervillé a appelé ces « lendemains qui déchantent »1.

Harki est devenu au fil du temps un terme générique perçu comme « un raccourci historique »2. En 1962, les harkis sont loin de former un groupe homogène et identifiable. Aujourd’hui, cette appellation renvoie donc à une réalité passée multiforme :

– parmi les personnels civils les fonctionnaires non démissionnaires, les élus ou notables musulmans ;

– en ce qui concerne les forces armées, d’un côté les soldats proprement dits, soit engagés sous contrat, soit conscrits ; de l’autre les « supplétifs », répartis eux aussi entre plusieurs catégories : groupes mobiles de sécurité, moghaznis gardant les Sections administratives spécialisées (SAS), groupes d’autodéfense de villages. Mais les supplétifs les plus nombreux sont ceux qui accompagnent les unités militaires dans leurs opérations sur le terrain c’est-à-dire les harkis....

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