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Légendes, intrigues et médisances autour des « archidupes »

Charlotte de Saxe-Cobourg-Gotha, princesse de Belgique Maximilien de Habsbourg, archiduc d’Autriche / Récits historique et fictionnel

André Bénit

La princesse belge Charlotte de Saxe-Cobourg-Gotha, fille de Léopold Ier, et son mari l’archiduc autrichien Maximilien de Habsbourg, frère puîné de François-Joseph, n’étaient certes pas destinés, à leur époque, à jouer un rôle politique de premier plan. Néanmoins, ceux que l’Histoire a cruellement et ironiquement identifiés comme étant les archidupes connurent une existence des plus singulières et un sort fort tragique.

Loin de prendre fin avec leur disparition, lui en juin 1867 à Queretaro face à un peloton d’exécution, elle en janvier 1927 à Bouchout après soixante années plongée dans les ténèbres de la folie, leur destinée continue de captiver les historiens et les écrivains, ainsi que les psychanalystes et les psychiatres.

Parmi les facteurs expliquant une telle fascination, outre le caractère romanesque de nombreux épisodes de leur vie, on peut pointer le fait que, depuis 150 ans, les légendes, les intrigues et les médisances n’ont cessé de foisonner autour de ce couple peu banal, et les questions de tout ordre de se multiplier à leur égard : elles concernent, entre autres, autant l’ascendance paternelle et la condition sexuelle de Maximilien que la possible descendance et les causes de l’état mental de Charlotte…

Tel est le sujet particulièrement original de cet ouvrage qui, brassant une matière aussi vaste que passionnante, propose de confronter les récits historiques et fictionnels relatant quantité d’événements et de péripéties dans lesquels furent impliquées des figures de premier plan, qu’il s’agisse du pape Pie IX, de Napoléon III, de François-Joseph et de son épouse Sissi, des rois Léopold Ier et II, du général Maxime Weygand, de Benito Juarez et de bien d’autres encore.

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Chapitre 5 Queretaro (février – juin 1867)

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Queretaro (février – juin 1867)

Vers la mi-octobre 1866, un bon mois après que Charlotte lui a envoyé le câblogramme dans lequel elle lui annonçait l’échec de sa mission à Paris : « Todo es inútil », Maximilien semble bien décidé à abdiquer et à rentrer en Europe. Témoin la déclaration qu’il écrit à Bazaine le 21 octobre : « Demain je me propose de déposer en vos mains les documents nécessaires pour mettre un terme à la situation violente dans laquelle je me trouve, non seulement moi, mais aussi tout le Mexique » (cité par Reinach, p. 329). Toutefois, quatre semaines plus tard, le 18 novembre, l’empereur fait part au maréchal français de sa résolution de rester au Mexique. S’interrogeant sur les raisons de ce revirement, Reinach signale que « Personne n’a fait même allusion à des motifs d’ordre privé qui auraient pu alors intervenir et n’a attribué cette subite volte-face à la naissance d’un enfant à Cuernavaca et aux liens nouveaux qui, à en croire le colonel Blanchot, auraient pu alors rattacher Maximilien au Mexique. […] Il faut donc en revenir à des mobiles d’un autre ordre » (Reinach, p. 329). A ce propos, Reinach évoque, d’une part, les scrupules que Maximilien éprouvait à laisser derrière lui, livrés aux vengeances de la faction de Benito Juarez, non seulement le parti conservateur qui l’avait appelé sur le trône, mais aussi les nombreux libéraux qui s’étaient progressivement ralliés à l’Empire, d’autre part, les différentes pressions et recommandations qu’il...

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