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Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

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Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

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L’être juif et le devoir de mémoire chez Albert Memmi

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« Je n’avais jamais achevé la découverte de mon être juif qu’en allant à Paris1 » écrit Albert Memmi dans Portrait d’un Juif, ouvrage dans lequel il revient sur d’importants détails concernant la difficulté pour l’écrivain (né dans un pays arabe et vivant en France) de « faire une synthèse avec (ces) disparités2 ». Aussi, l’ancien sujet du bey de Tunis3, viscéralement attaché à ses origines, considèrera-t-il l’écriture comme un devoir de mémoire, à la fois individuelle et collective : « L’acte littéraire est une plaidoirie..., un acte social4 », dira-t-il.

Parmi les éléments définitivement établis de son « destin séparé », A. Memmi consignera deux données fondamentales de l’être : la langue maternelle et l’appartenance à la communauté juive de Tunis : « Ma langue maternelle est l’arabe, que j’ai continué à parler avec ma mère qui ne connaissait pas d’autre langue5 », écrit-il dans Le Nomade immobile. Le même repère est attribué à son double romanesque. « Ma langue maternelle est le patois tunisien que je parle avec l’accent juste des petits musulmans du quartier6 », fait-il dire à Alexandre de La Statue de sel. Par la suite, c’est la langue française qui permet au jeune homme de s’émanciper, d’accéder à une deuxième culture et d’avoir la citoyenneté française : « Institutionnellement parlant, je suis un citoyen français puisque j’ai obtenu la nationalité française7. »

Le deuxième repère déterminant, c’est tout le mode d’être la communauté vivant au coeur...

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